En plus du fait que les occupants des logements n’ont pas encore acquis le statut de locataires, le site de Tirmitine abritant des logements sociaux locatifs squattés depuis maintenant plus de 7 ans, plus exactement lors des événements qui ont secoué la Kabylie, est dans un état lamentable.
En effet, parmi les zones d’extension urbaine qui connaissent une dégradation du cadre de vie, la cité dite des squatteurs de Tirmitine, située à la sortie ouest de la ville de Boghni, figure à la tête de celles réputées par leur insalubrité et le manque de viabilisation. Cet état de fait est reconnaissable à travers les monticules de déchets ménagers jonchant un terrain vague devant servir, mais s’il y’avait respect des règles de création, d’un lotissement ou d’une cité d’habitation, de cour ou du moins d’espace pour le stationnement de véhicules. Sur un autre plan, les habitants de la cité sont confrontés au manque de commodités comme le gaz de ville, l’électricité et l’eau potable dans certains cas, ce qui a contraint les familles élisant domicile sans titre délivré par les autorités locales, à se débrouiller pour au moins acheminer de l’électricité à partir des habitations limitrophes, avec tout ce que cela sous entend comme anarchie dans les deux blocs constituant le site, ainsi que le risque pour les habitants en essayant de rétablir le courant en cas coupure. La zone connaît aussi une grande instabilité en terme de quiétude, d’autant plus que des riverains affirment que la délinquance a atteint des proportions alarmantes, même si les occupants des appartements ne sont pas responsables du phénomène du regroupement de délinquants, la nuit. Même l’accès au site construit pour atténuer la crise du logement au début de ce siècle n’a rien d’une route ou de passage pour atteindre une zone habitée, au vu de la difficulté à pouvoir l’emprunter par un véhicule. Ce qui est déplorable en fait, selon un jeune habitant dans la cité c’est «la situation de non droit qui règne en raison du refus de l’autorité chargée d’attribution des logements sociaux de régulariser la situation des occupants de logements qui méritent tous d’être parmi les attributaires légaux». En ce sens, il faut signaler que toutes les requêtes de régler le problème des squatteurs ont été défavorables, laissant ainsi le site sans avenir surtout que l’OPGI ne peut pas intervenir pour faire parvenir les commodités qui manquent tant qu’il n’y a pas d’attribution. De ce fait, avec les autres projets lancés du côté de Tirmitine, à savoir les projets dans le cadre promotionnel et LSP, la vie des futurs locataires dans la zone abritant aussi la maison de jeunes et le complexe sportif de proximité risque d’être perturbée en cas de non régularisation et de viabilisation de l’étendue jouxtant la cité des logements squattés.
M. Haddadi

