Bien que la cité Caper, actuellement Commandant Mohamed Boulaouch, soit située à quelques encablures du centre ville, beaucoup reste à faire dans cette agglomération dont le nombre d’habitants dépasse mille. En effet, historiquement cette cité date de l’époque coloniale, comme son nom l’indique, faisant allusion à un colon français. Cependant, ce n’est que vers la fin des années 80, qu’elle a subi une grande extension par la réalisation de logements au profit des travailleurs du domaine autogéré Aissat Idir d’une part ; et le parcellement d’un lotissement social communément connu sous les “indus occupants”. Certes, les habitants de la Caper ont bénéficié comme les autres citadins des commodités indispensables tels le gaz naturel ou l’éléctricité. Seulement, selon les résidants de ce quartier, ils ne sont pas traités de la même manière que les autres. Ainsi, nous ont-ils déclaré, l’eau manque toujours dans leurs foyers. “Pendant la période estivale passée, ce liquide n’a pas coulé de nos robinets durant un mois. Et pourtant, les autres quartiers ont été alimentés au moins une fois par semaine. On dirait qu’on n’est pas une cité comme les autres. A chaque fois, il faut que nos jeunes mènent une action pour enfin être servis”, nous a appris un quinquagénaire du quartier. Mais ce qui empoisonne le quotidien de ces paisibles citadins, reste tout de même la route principale et les routes secondaires qui passent près des maisons. “Je pense qu’avant les élections partielles, personne ne viendra nous chanter la même chanson. “Votez pour nous”, ce problème sera notre priorité. Puis, aucun élu ne nous rendra plus visite jusqu’à un autre rendez-vous électoral”, ironise un jeune qui ne croit plus aux promesses. Effectivement, même si la Caper se trouve à quelques centaines de mètres d’un CEM, le tronçon goudronné est lui aussi entièrement crevassé et parsemé de nids-de-poule. Quant à la route qui traverse le quartier, elle est impraticable. Pourtant, lors de la visite du ministre de l’Energie et des Mines, le comité de quartier l’a interpellé à ce sujet et sur d’autres problèmes. En revanche, les habitants du lotissement social qui ont bénéficié de l’électricité et du gaz en 2004, se plaignent de l’absence de l’éclairage public. “Dès la tombée de la nuit, personne ne peut plus sortir dehors. On a peur de tout. Le matin, en hiver, nos enfants ne peuvent pas aller seuls à l’école de peur d’être attaqués par les hordes de chiens errants. Même dans les villages, ce manque n’existe plus”, nous a signalé un “indu occupant”. Si les divers exécutifs qui se sont succédés à la tête de la mairie de Draâ El-Mizan, n’ont pas tendu l’oreille, aux doléances de ces citoyens, ces plaintes sont comme des signes envers tous les condidats aux futures élections. “Notre cité est parmi les plus anciennes. Malheureusement, elle ne jouit pas de la même considération que les autres. Les ruelles du lotissement dit l’“Abattoir” sont toutes bitumées. A quand notre tour ?”, se demandent les plaignants.
Amar Ouramdane
