M’Chedallah Ils ont sollicité l’intervention du wali – Les travailleurs de la STP dénoncent leurs conditions de travail

Sentant leur précarité accentuée par la réduction de la durée de leur contrat, les travailleurs de la subdivision des travaux publics réagissent et dénoncent la fragilité et la précarité de leur emploi.

Une précarité qui ne semble épargner personne, ni aucun secteur, pas même le secteur public où les revendications d’intégration ou de régularisation sont légion, exprimées par des travailleurs au statut de contractuels. Ces derniers, angoissés sur leur avenir et réduits à la docilité et à l’obéissance devant les pires des arbitraires de leurs chefs qui ne se font pas prier jusqu’à les utiliser mêmes dans des travaux dans leur propres villa. A M’Chedallah, dans la wilaya de Bouira , seize travailleurs de la subdivision des travaux publics viennent de perdre patience en signifiant leur ras le bol, à travers une correspondance dont nous détenons une copie, au wali, avec copie au président de l’APW, le directeur des travaux publics de la wilaya et le chef de daïra de M’Chedallah. Un document dans lequel ils dénoncent leur condition d’éternels contractuels, avec pour certains d’entre eux, une vingtaine d’années dans cette «contractualisation» introduite sous le terme de flexibilité de l’emploi. Un euphémisme adoucissant de la précarité chronique matérialisée par des contrats annuels qui viennent d’être réduits à seulement six mois pour soi-disant des raisons budgétaires. « …. nous venons par cette requête vous informer de la gestion chaotique de notre subdivisionnaire qui fait de notre unité une propriété privée… »,disent-ils en s’adressant au wali, avec l’exposition de pas moins de neufs griefs à l’encontre de leur responsable, entre autres : «la hogra, faisant les choses a sa manière sans tenir compte de la législation», la réduction des contrats de travail à six mois, après avoir été d’une année ; le recrutement à base de connaissance ; «le licenciement d’anciens travailleurs pour les remplacer par des nouveaux, utilisations des moyens de la structure par des entreprises privés», et chose plus grave, «l’affectation d’une équipe de travailleurs dans sa construction privée …. ». Le wali est ainsi sollicité pour une intervention rapide sur le terrain en sa qualité de premier responsable de la wilaya, pour leur rendre justice. S’il appartient ,dans une telle situation aux responsables de déterminer les responsabilités et la véracité des faits reprochés, avec les voies et moyens appropriés dont ne manque pas nos institutions, il reste certain que la précarisation des travailleurs est visible , propice à tous les abus, notamment dans le secteur privé servi par une force de travail à bon marché et par la passivité pour ne pas dire la complicité des uns et des autres investis du devoir d’application des lois et de protection des travailleurs.

Mohand Meghellet