L’enseignement de tamazight patauge dans les Aurès

Depuis l’introduction de tamazight dans le système éducatif en 1995, à la suite d’un boycott scolaire enclenché en Kabylie, et qui a duré presque huit mois, cette discipline n’arrive toujours pas à connaître une stabilité dans la région des Aurès, contrairement aux wilayas du centre du pays. Alors, et au moment où le nombre d’apprenants et de formateurs croit au fil des ans particulièrement à Tizi, Bgayet et Bouira, à Khenchela par contre, la situation est tout autre. Ainsi, la langue de Mammeri patauge dans la région de la Kahina et n’arrive pas à sortir du gouffre existant entre les faits et les intentions. Ce constat d’échec a été établi par l’association culturelle et scientifique de cette wilaya. Par la voix de l’un de ses membres, en sa qualité d’enseignant de tamazight, une série d’accusations a été énumérée dans un document remis à notre rédaction où ce dernier impute à la direction de l’Education de sa wilaya la responsabilité dans laquelle se trouve cette langue. Tayeb Djallal, car c’est de lui qu’il s’agit, accuse leur tutelle sur la démarche entreprise par cette dernière dans l’application des circulaires ministérielles et dira : « Les circulaires émanant du département de Benbouzid s’appliquent à la guise de certains responsables et parfois même on les dissimule pour des raisons qu’on ignore ». Sur ce, notre source nous apprend que la directive ministérielle de juin 2005 portant sur la campagne de sensibilisation pour les nouvelles inscriptions car, le caractère facultatif est toujours en vigueur, n’a pas été menée, et chaque partie on attend que l’autre puisse prendre en charge cette action. Ne s’arrêtant pas là, ce militant de la cause s’est rendu à l’académie pour dit-il, s’enquérir de l’état d’avancement de cette opération d’inscription. Là, le responsable des examens et de la scolarité de cette institution l’informe que leur direction n’a pas été destinataire de cette instruction et qu’elle continue d’appliquer celle de mars de l’année en cour. Cependant, après avoir saisi la commission chargée de tamazight au niveau du ministère de l’Education nationale dont il est membre chargé de la confection des programmes, celle-ci lui confirme que le dit document est bel et bien envoyé et lui a même remis le numéro ainsi que la date de son envoi. Plus loin dans le document, son rédacteur incrimine toujours la direction de l’éducation d’être responsable du désistement de plusieurs enseignants de tamazight dans la wilaya. Selon lui, et pour arriver à leurs fins, ces responsables exigent des formateurs en poste la reconversion partielle, donc ils doivent enseigner deux disciplines sur un volume horaire de plus de 25 heures, soit une reconversion totale pour en faire 27 heures. Ajoutez à cela le refus de procéder à de nouveaux recrutements des universitaires pour enseigner cette langue ne serait-ce qu’à titre contractuel et ce, d’une manière opposée aux dernières directives ministérielles. Devant cet état de fait, et pour mettre un terme à cette situation que traverse tamazight dans la région des siens, l’association culturelle et scientifique, rédactrice de ce document, lance un appel pressant à l’endroit des responsables concernés d’intervenir à l’effet de stopper ce genre d’agissements qui portent atteinte aux constantes nationales. Puis, ce cadre insiste sur l’exécution de la circulaire ministérielle de juin 2005 afin de sensibiliser le maximum d’apprenants. Comme il est aussi impératif d’ouvrir des postes budgétaires et permettre ainsi aux enseignants maîtrisant cette langue de se reconvertir soit à titre partiel ou total ! Aussi, une opportunité doit être accordée à ceux ayant obtenu l’attestation « Tanaga » durant le stage de 1995, organisé alors par le Haut-Commissariat à l’amazighité. Enfin, cette association souhaite que les responsables de tous ces agissements néfastes doivent être appréhendés, et que tous ces obstacles soient surmontés pour permettre à tamazight d’occuper la place qui lui revient.

M. Smail