Le dernier salon de l’agriculture tenu dans la wilaya de Bouira au cours de la semaine passée a été une occasion pour les acteurs économiques de la région, versés dans le domaine de l’agriculture, de l’élevage et de l’agroalimentaire d’exposer leurs productions et faire connaissance avec d’autres intervenants dans le secteur. Ce Salon a aussi permis aux administrations agricole et forestière d’exposer les projets mis en œuvre dans le cadre du PNDA et les nouveaux projets inscrits à l’actif du ministère de l’Agriculture. Outre la direction des services agricoles et la conservation des forêts, cette manifestation a réuni d’autres structures tels que le parc national du Djurdjura, le Haut Commissariat au développement de la steppe (HEDS), certains établissements financiers (BADR, CNMA) et des producteurs ou fournisseurs (apiculteurs aviculteurs, oléiculteurs… ). Au cours de cette manifestation, inaugurée par le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, M. Saïd Barkat, Conservation des forêts de Bouira a eu à exposer un projet, cofinancé par la Banque mondiale au profit des populations de l’arrière-pays montagneux et pré-steppique du sud de la wilaya. Les zones reculées et enclavées ont fait l’objet depuis 2002, d’une enquête accompagnée d’un sondage qui a révélé la misère et le désarroi des populations vivant dans des hameaux éloignés des centres urbains. Le taux de chômage oscillent entre 50 et 70%. Ces cantons sont caractérisés par l’absence des infrastructures de base (routes, pistes, AEP, assainissement, centres de santé… ), l’érosion des sols, une agriculture de subsistance, des contentieux fonciers inextricables et un exode rural massif. Sur la base de ce constat amer, les pouvoirs publics ont mis en œuvre un certain nombre d’actions intégrées dans les Projets de proximité de développement rural (PPDR). Onze projets sont en voie d’achèvement. Les actions mises en œuvre sont principalement : les plantations fruitières et fourragères, les fournitures en modules avicoles et apicoles, le captage de sources, le fonçage de puits et l’amélioration des sols (défoncements). Six autres PPDR ont été approuvés par le comité technique de wilaya au cours de l’année 2005 sur la base de l’instruction n°306 qui stipule que les bénéficiaires des actions individuelles doivent participer à hauteur de 75% à la réalisation des travaux, tandis que les actions collectives (désenclavement, amélioration des sols et captage de sources) resteront à la charge de l’Etat. Outre les PPDR, la wilaya de Bouira a bénéficié au même titre que six autres wilayas du centre, du programme intitulé « Projet d’emploi rural (PER 2) ». Ce projet est financé à 80% par la Banque mondiale et à 20% par le gouvernement algérien. Il est doté d’une enveloppe financière de 126 milliards de centimes et touche onze communes des daïras de Sour El Ghozlane, Bordj Okhriss et Bir Ghebalou. La mise en œuvre de ce projet a enregistré un retard de deux ans, suite à des problèmes de procédures de passation des marchés. Le programme de la première année sera jumelé avec celui de la deuxième année à partir de novembre prochain. La zone du projet est subdivisé en deux grands périmètres : les Bibans-sud et le Titteri-est qui rassemblent les onze communes. Il est prévu dans le PER 2 des actions de développement agricole (arboriculture en sec et en irrigué, amélioration des sols, ouverture et aménagement de pistes), de mobilisation de l’eau (retenues collinaires, puits, forages, captage de sources) et de lutte contre l’érosion (reboisements, corrections torrentielles, travaux sylvicoles et fixation des berges). Ce projet d’une durée de cinq ans, compte créer environ 2 500 emplois permanents et des centaines d’emplois temporaires. Avec les soutiens multiformes apportés par l’Etat à l’agriculture professionnelle à travers les différentes filières (céréales, lait, maraîchage, chambres froides… ). Les actions initiées dans le cadre du développement rural constituent un complément indispensable destiné aux zones enclavées caractérisées par la petite propriété généralement non titrée et située en zone montagneuse. Wilaya à vocation agricole, Bouira enregistre ces dernières années des avancées notables en matière de diversification des produits agricoles malgré certains aléas (sécheresse, maladie) qui pèsent encore sur la céréaliculture, première activité agricole de la région. Ces avancées sont supposées être renforcées, au cours des toutes prochaines années, par le vaste programme de la mobilisation des ressources hydriques (deux grands barrages, forages, puits et captage de sources).
Amar Naït Messaoud
