Tizi-Ouzou : Le wali aurait passé commande de 20 000 bouteilles – La pression s’accentue sur le gaz butane

On apprend de sources sûres que la wilaya de Tizi-Ouzou a demandé 20 000 bonbonnes de gaz butane pour faire face à la forte demande, qui ne cesse d’ailleurs de s’accroître suite à la tempête de neige qui terrasse la région.

Le problème du manque de gaz butane se pose toujours au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou.

D’interminables chaînes se forment à longueur de journée au niveau des centres enfûteurs. « C’est une véritable pagaille au niveau du centre enfûteur de Oued Aïssi », dira un habitant de la localité de Fréha venu, jeudi, pour s’approvisionner. Celui-ci affirme d’ailleurs qu’il est revenu bredouille. Un citoyen de Larbaâ Nath Irathen, du village Ighil Tazarth plus exactement, soutien, lui, qu’il est descendu avec son baudet vers le même centre, juste pour deux bouteilles de gaz. Cette situation n’a pas laissé insensibles les bénévoles du Croissant Rouge de la wilaya, qui ont décidé de soutenir les villageois qui font ces interminables chaînes, ne serait-ce qu’avec des tasses du café et du thé sachant que certains habitants des régions lointaines passent la nuit sur place. C’est dire que le calvaire reste entier. Face à cet état de fait, les responsables de la wilaya de Tizi-Ouzou ont lancé un appel pour se faire ravitailler en bonbonnes de gaz butane. 20 000 bonbonnes, c’est le nombre de bouteilles demandées, affirme-t-on. En attendant l’arrivée de ces dernières, les villageois ne peuvent que continuer à se bousculer au niveau de ces centres pris d’assaut chaque jour d’avantage. On croit savoir, en outre, que les responsables de la wilaya, à leur tête le wali, ont autorisé les APC à aller elles-mêmes s’approvisionner en la matière, au niveau d’autres wilayas. A vrai dire, pour les villageois de haute montagne notamment, l’essentiel c’est surtout de voir leurs localités désenclavées par la réouverture des routes. « Comme ça au moins on peut bouger. Ça va nous permettre d’aller nous procurer ces bonbonnes là où elles sont ». Il est vrai que plusieurs axes routiers ont été rouverts, hier et avant-hier, et ce, suite à l’intervention des engins ramenés en renfort d’autres wilayas. Cela dit, des localités restent encore coupées du monde, à l’image du village Ath Ergane, dans la commune d’Agouni Gueghrane, qui demeurait, hier encore, inaccessible. De même pour les municipalités d’Imsouhal, Ath Zikki, Bounouh, Ath Kouffi et Ait Chaffaâ. Du coté d’Abi Youcef, dont le village Tizi Oumalou a enterré hier, son enfant emporté par une avalanche la semaine dernière, les villageois ont pu rouvrir l’axe routier menant vers Azazga. Cela a permis aux commerçants de s’approvisionner en denrées alimentaires. Des denrées qui sont arrivées, en outre, dans les localités de Aïn El Hammam grâce à la caravane organisée par la mosquée de Tizi-Ouzou. Cette caravane se rendra aujourd’hui à Bouzeguene. Le CRA local a également initié une opération de collecte des dons alimentaires, lesquels ont été acheminés, hier, vers les régions montagneuses. D’une manière générale, en fait, la wilaya de Tizi-Ouzou respire un tant soit peu après plusieurs journées de galère, elle qui a enregistré hier et avant-hier, quelques éclaircies dans le ciel. Il faut dire, cependant, que ces intempéries n’ont pas été sans conséquences. Elles ont été derrière la mort de cinq personnes dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Plusieurs familles ont vu leurs habitations s’effondrer. Des édifices publics ont été également, endommagés à l’image de l’école primaire Verqich, dans la commune de Boudjima, du lycée de la même commune, de la pompe à essence Naftal d’Agouni Oucherqi, dans la commune d’Aghribs. L’hôpital de Ain El Hammam a connu le même sort. La population locale espère que le plus dur soit passé.

Reprise timide à Maâtkas

A Maâtkis, la plupart des routes ont été rouvertes. Mais les écoles et certains services de l’administration restent toujours fermés.

Algérie Poste est, quant à elle, restée opérationnelle depuis presque le début de la tempête. Au chef-lieu de Maâtkas, nous avons constaté une certaine reprise, même timide, de l’activité. Les commerces sont ouverts et les produits alimentaires ont refait surface. Les légumes frais et les fruits sont disponibles bien que, il faut le dire, les prix sont excessifs. La pomme de terre est à 65 DA, la carotte à 55DA, les fruits… inabordables. Concernant le lait et le pain, il faut se lever très tôt et faire une interminable chaîne pour s’en approvisionner. Pour ce qui est des produits énergétiques comme du gaz oïl et de l’essence, ils sont disponibles. Mais c’est la bonbonne de gaz butane qui reste introuvable et impossible à trouver. Les dépôts et les points de vente, sont pris d’assaut, très tôt dans la matinée, par des centaines de citoyens attendant des camions ravitailleurs qui ne viennent pas. Les commentaires vont bon train entre les citoyens. « Le camion viendra dans la soirée pour éviter l’anarchie », disent certains. D’autres encore avancent que la société Naftal, qui s’occupe de la distribution du gaz butane ne sert que les comités de villages qui doivent se rendre jusqu’à Oued Aïssi.

Avec les conditions atmosphériques qui risquent de se détériorer d’ici dimanche, certains parents commencent déjà à évacuer leurs familles dans des localités plus basses en altitudes et surtout moins rudes. A l’image de Aïssa qui dit : « Je vais emmener mes enfants chez leurs grands parents à Ait Mendès. Là-bas, le gaz naturel est disponible, donc le problème de chauffage ne se pose pas ». Une solution qui n’est pas à la portée de tout le mode, malheureusement.

A en croire les bulletins météorologiques, il est fort probable que la tempête reprenne de son intensité les tout prochains jours. Du coup, les services concernés, et à tous les niveaux, se doivent de profiter de cette légère accalmie et prendre des mesures qui pourraient éviter d’autres drames.

MOB et Hocine T.