Les élèves du préscolaire renvoyés chez eux

« Notre école était la première à initier le préscolaire dans toute la commune. C’était en 2002. L’ironie du sort a voulu qu’en 2005, au moment où presque la plupart des écoles se sont mises à ce niveau, la nôtre risque d’être fermée aux visages des mômes parce que l’enseignant chargé de cours dans cette discipline a été muté à l’inspection de l’éducation, précise-t-il. La nouvelle s’est répadue dans la ville telle ne traînée de poudre et la colère a atteint son paroxysme chez les parents d’élèves, qui n’arrivent pas à contenir leur amertume et ne savent pas le pourquoi d’une telle décision et à quel saint se vouer pour que celle-ci soit abrogée et que leurs potaches retrouvent le chemin de l’école. Ils se disent même prêts à aller se plaindre à qui de droit pour qu’un enseignant soit affecté à cet établissement avant qu’il ne soit trop tard, avons-nous appris de Khaled, un parent d’élève qui ne décolère pas. « Il est impensable qu’au moment où les pouvoirs publics déploient de grands efforts pour généraliser le préscolaire à tous les enfants du pays, les nôtres en soient privés et accusent par la même un retard d’une année », fulmine-t-il. Et il rajoute : « Nous ne resterons pas les bras croisés devant une telle décision irréfléchie de renvoyer des enfants à la maison parce que l’enseignant a été muté ailleurs. Nous saisirons qui de droit pour qu’un enseignant soit affecté, avant que la rentrée ne soit compromise. « Du côté des enseignants, le cœur n’y est pas non plus et ils semblent être surpris par une telle décision de supprimer le préscolaire dans leur école ou du moins pour cette année. « Le préscolaire permet de bien préparer l’élève à entamer son cursus scolaire dans de bonnes conditions. Notre école qui n’enregistre que de bons résultats depuis 1988 et cette année, elle s’est illustrée en se hissant à la deuxième place au niveau de la circonscription avec un taux de réussite très élevé à l’examen de 6e où sur les 55 élèves qui ont passé l’examen, 514 l’ont obtenu, ne mérite pas un tel sort, d’être privée du préscolaire », regrette un enseignant. Le préscolaire que l’Etat compte généraliser est une exigence pour réhabiliter l’école algérienne. Le projet est ambitieux dans la mesure où il est conçu pour atténuer les difficultés scolaires que rencontrant les élèves dans le passé. Son rôle est de mettre l’élève en situation d’apprentissage et lui inculquer comment se conduire dès son jeune âge. Il est certainement le socle de l’école du XXIe siècle.

L. Beddar