«Mon onzième album, c’est pour bientôt»

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Il est l’un des noms qui ont honoré la région de Boghni, il a en tout dix albums et le onzième sera prêt à être sur le marché bientôt. Dans cet entretien qu’il a accordé à la dépêche de Kabylie, il parle entre autres de son nouvel album dont il promet la sortie prochaine à son public.

La Dépêche de Kabylie : Où en est actuellement votre production artistique ?

El Hocine Amendes : En plus des fêtes auxquelles je prends part un peut partout, je suis en ce moment en train de me préparer pour la sortie d’un nouvel album, le onzième, après celui sorti en mai dernier.

Parlons des préparatifs, où en êtes-vous arrivé exactement ?

Tout est prêt à être enregistré. Le travail sur les paroles et la musique est entièrement achevé et dans les prochains jours, l’album sera enregistré. Et après l’enregistrement il sera bien évidemment temps, de courir pour sa sortie.

Pouvez-vous nous parler un peu de ce nouveau produit ?

En fait, c’est un album qui est composé de huit chansons, et que j’ai intitulé Alzayer Inou (mon Algérie). Parmi ces dernières, trois sont en quelque sorte du genre engagé à savoir Alzair Inou, Si Lubnane Negh Si Maser et Echart Idlezmen Fely. Ceci tandis que les autres sont différentes. C’est dire que cet album est un mélange entre, si je peu le dire, le genre engagé une sorte de classique et du rythmé. De même, dans cet album j’ai traité plusieurs sujets.

Que pouvez-vous nous dire sur ces chansons engagées ?

En fait, ce n’est pas la première fois que je traite de sujets pareils. C’est dire qu’au début de ma carrière artistique, j’ai produit un peu plus dans ce domaine. Mais à un moment donné je me suis un peu dévié de cette voie, et j’ai fait beaucoup plus le sentimental, les sujets de fêtes, entre autres. Maintenant, je viens de reprendre un peu de ce style engagé. C’est en effet les circonstances qui nous dictent les sujets.

C’est-à-dire ?

Cela veut dire qu’à chaque étape de notre vie, il y a un certain nombre d’événements ou de faits qui nous touchent et nous inspirent, et que peut-être nous n’aurions pas fait à une autre étape. L’artiste ne peut pas être limité ou inspiré par un seul domaine ou dans un seul genre pendant toute sa vie artistique.

Revenons sur les chansons que vous dites engagées, qu’avez-vous traité exactement ?

En fait Alzair Inou, ça parle de la situation politique et sécuritaire dans notre pays. La situation qui y règne surtout ces dernières années, ne peut que préoccuper tout un chacun, avec en particulier le terrorisme qui ne cesse d’ôter tant d’âmes. Quant à la seconde, elle traite de la situation de l’artiste algérien, sa marginalisation et sa non prise en considération par ceux qui détiennent le monopole de la culture. C’est vraiment malheureux pour nous de voir comment l’Etat dépense tant de milliards pour faire la promotion aux hommes et femmes de cultures étrangères, tandis que nos artistes sont en train de souffrir pour vivre. Le comble, c’est qu’en ne parle de nos artistes qu’une fois qu’ils quittent ce monde. Echart Idelzmen Fely, c’est une autre chanson dont j’ai traité les chantages et parfois les intimidations que subissent les artistes qui parlent surtout de la chose politique.

Cela parle-il de vous ou des expériences vécues par les autres ?

J’apprécie beaucoup l’adage qui dit (win ivghan adhiakhdhem lawkam adhizxir segukhamis), c’est dire que certes l’artiste représente le miroir de la société et le porte-parole de son entourage. Mais avant cela, il fait part également de ses émotions, de ses douleurs, ses joies et ses expériences dans la vie. Ce qu’il expérimente peut être vécu en parallèle par plusieurs autres personnes et pourrait être généralisé.

A part ces trois chansons, quel est le style des autres ?

Comme à l’accoutumée, j’ai touché un peu à tout. C’est tout un ensemble qui forme la vie. C’est dire que j’ai chanté entre autres l’amour, la séparation, et le regret, particulièrement dans Ajedjigh N’Telachelache, Smahgham vedel wayedh et Achou Dheybine Akemhamlagh.

Mis à part ce nouvel album, avez-vous d’autres projets en cours ?

Je viens de produire également un album de huit titres pour la chanteuse Thanina. De même, je suis en train de courir un peu pour regagner le terrain des festivités culturelles, d’où je me suis abstenu il y’a un moment.

On vous laisse le soin de conclure par un dernier mot

J’aimerais bien dire aux jeunes talents de ma région en particulier et de toute la Kabylie en général, sortez et faites-vous connaître. Ceci parce que je vois que beaucoup de jeunes chez nous qui sont vraiment doués, qui ont de belles voix et ont une parfaite connaissance de l’art mais ils sont restés cachés, parfois faute de moyens ou autres. Mais je finis par m’adresser à eux en les rassurant qu’ils trouveront à leurs côtés des artistes qui étaient débutants comme eux, pour leur transmettre leurs expériences et les aider à triompher dans le monde artistique. Pour ainsi pouvoir faire paraître leurs qualités et leurs capacités. Je souhaite enfin que mon public appréciera ce nouvel album.

Entretien réalisé par Rachida Selmani

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