Les habitants de la commune rurale d’El Mokrani, relevant de la daïra de Souk-El Khemis, à une trentaine de kilomètres vers l’ouest du Bouira, se plaignent de l’absence d’un bureau de poste au niveau du chef-lieu de leur localité ainsi que de plusieurs autres carences qui les guettent au quotidien. «On souffre le martyre à parcourir des dizaines de kilomètres à chaque fois, juste pour effectuer un simple retrait ou transfert d’argent de nos comptes CCP», nous dira Hamid, un jeune enseignant habitant cette commune, et d’ajouter : «A chaque fois qu’on se déplace à Aïn Bessem ou à Souk El Khemis, voire même jusqu’au chef-lieu de wilaya. On risque de ne pas trouver de liquidités au niveau des bureaux, ou bien à patienter des heures et des heures dans de longues files d’attentes», explique notre interlocuteur. Ainsi, depuis sa promulgation au rang de commune, durant les années soixante-dix, cette dernière n’a jamais été équipée d’un bureau de poste, contrairement à la majorité des autres communes de cette région, qui sont toutes équipées de ce service. A noter aussi que cette commune accuse un immense retard en matière de développement local, ainsi de nombreux foyers ne sont pas encore raccordés au réseau d’évacuation des eaux usées et une dizaine d’autres ne sont toujours pas alimentées en électricité. Le projet du gaz naturel n’est pas encore lancé dans une région connue pour son hiver sec et glacial : «Nous avons fait recours au bois durant les dernières intempéries, à cause de l’absence des bonbonnes de gaz butane !», nous dira l’un des villageois. Le manque de couverture sanitaire, de transport et de sécurité ainsi que la dégradation du réseau routier sont d’autres aspects de dénuement signalé par les habitants.
Oussama K.
