En dépit des “mesures répressives” entreprises par le ministère de la Santé de la Population et de la Réforme hospitalière, le mouvement de grève initié par les praticiens spécialistes s’est poursuivi hier pour la deuxième journée consécutive.
Selon le président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP), une meilleure adhésion a été enregistrée au deuxième jour de ce mouvement de grève.
La preuve, le taux de participation à cette action qui était de l’ordre de 75%, au premier jour de ce débrayage, est passé à 80% au deuxième jour, à l’échelle nationale. Ce taux de suivi est passé de 70 à 80% à Alger, 80% à Sétif et Annaba contre 75% au premier jour. Ce taux est estimé à 100% à Tiaret, Mostaganem et Lakhdaria dans la wilaya de Bouira. Il a, en outre, atteint plus de 80% à Tizi Ouzou, 80% à Boumerdès, Blida et Amizour dans la wilaya de Béjaïa.
Dr Mohamed Yousfi a déploré le fait que “jusqu’à l’heure actuelle, il n’y a eu aucun contact avec le ministère de la Santé”. “On a été toujours ouvert au dialogue qui aboutira à des résultats concrets», a-t-il fait savoir. Tout en dénonçant “les mesures répressives” de la tutelle, le président du SNPSSP a tenu à affirmer que “ces mesures n’ont eu aucun effet sur la mobilisation des praticiens spécialistes de la santé publique”. Ce syndicaliste a dénoncé fermement “la campagne de désinformation de certains responsables d’établissements de la santé publique, qui ont indiqué que les points contenus dans la plate-forme de revendications de ces grévistes ont été réglés”. Celui-ci promet d’ores et déjà de reconduire ce mouvement de contestation pour une seconde fois, les 11, 12, 13 du mois en cours avant de s’engager dans une grève ouverte à partir du 19 mars prochain, si la tutelle ne répond pas favorablement à leurs doléances. Il faut dire que les hôpitaux fonctionnent toujours au ralenti depuis avant-hier, premier jour du débrayage. Néanmoins, le service minimum a été assuré. En effet, lors de notre virée au CHU Mustapha Pacha à Alger, nous avons constaté qu’un service minimum a été assuré par les médecins spécialistes, alors que la pathologie habituelle n’a pas été prise en charge.
“Mis à part le Centre Pierre et Marie Curie (CPMC), où les soins étaient assurés normalement, tous les autres services du CHU Mustapha Pacha étaient perturbés», nous a signifié un médecin gréviste, qui ajoute qu’“en dépit des menaces proférées par le ministre de la Santé nous avons décidé de poursuivre notre mouvement de grève et nous ne feront pas marche arrière jusqu’à satisfaction de nos revendications”.
“Le ministre a avancé beaucoup de promesses qu’il n’a pas tenues», a regretté un médecin spécialiste rencontré au CHU Mustapha Pacha. Pour plus de précision, ce médecin gréviste a indiqué que “le ministre de tutelle s’est engagé à entreprendre des démarches auprès du Premier ministre, pour l’amendement du statut particulier, et à entamer des démarches auprès du ministre des Finances, pour la suppression de la discrimination entre les deux corps de spécialistes en matière d’imposition des primes et d’indemnités, comme il s’est engagé à traiter le dossier de la révision du régime indemnitaire dans le cadre de comité ad hoc, mais rien de concret n’a été fait sur le terrain”.
L. O. Challal

