Vue comme un pôle commercial par excellence, la localité de Fréha vit de ce fait, une activité intense durant ce mois de carême. Ainsi, et pour la circonstance, la ville qui semble se métamorphoser en une titanesque pâtisserie ne désemplit pas à longueur de journée. En effet, les restaurants pizzerias et les autres cafètérias au lieu de chômer la journée, se voient changer de spécialités culinaires pour s’iriser de toutes sortes de friandises convoitées en cette période. Sachant que cette année, et au grand bonheur des petites et moyennes bourses qui redoutent tant la moindre hausse de prix ; ces dernieres se sont stabilisées au marché de fruits et légumes comme chez les bouchers. « On n’a pas à se plaindre des prix, du moins en se référant aux années écoulées ou la flambée des prix s’invite à la veille même du Ramadhan », nous dit un père de famille rencontré au marché des fruits et légumes. Une stabilité de prix qui s’explique par l’abondance de produits agricoles sur le marché satisfaisant et la forte demande qui bat tous les records à telle époque. Et si au moment de la rupture du f’tour les rues se désertent et la ville se mue en une cité fantomatique, le mouvement des foules ne tarde pas à oblitérer cette image peu habituelle. Les conditions climatiques étant, au moins ces premiers jours du Ramadhan, favorables aux virées nocturnes, encouragent davantage les veillées en dehors de chez soi. Les artères de la ville accueillent alors, en plus des citadins, les habitants des villages limitrophes. En l’absence d’activités culturelles, qui égayent les soirées, les destinations diffèrent à base de moult autres considérations, qui aux cybercafés qui, aux lieux de culte; d’autres préfèrent déambuler sous les lampadaires au gré des discussions amicales. Mais les cafés s’accaparent la part du lion en attirant le plus grand nombre de personnes et le secret n’est autre que le « loto ». Ce jeu propre au mois du jeûne et qui devient un rituel mais qui, engendre des pertes conséquentes aux fervents joueurs que la chance abandonne. Au fur et à mesure que le temps passe,tard dans la nuit, les gens se retirent les uns après les autres, et parfois juste avant que la nuit ne tire sa révérence. Les derniers veilleurs rentrent chez eux laissant place, quelques heures plus tard, à une ambiance diurne, celle du Ramadhan.
Kamel Oubellil
