«Bien préparer le Mondial !»

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La championne d’Algérie de karaté pour la neuvième fois consécutive, a ouvert son cœur à notre journal dans ce long entretien qu’elle nous a accordé à la salle de JS Fréha où elle s’entraîne d’arrache-pied, en compagnie de son père et d’autres athlètes pour décrocher d’autres titres, comme elle nous l’a déclaré.

Elle a abordé plusieurs sujets, notamment sa dernière consécration en tant que championne d’Algérie pour la neuvième fois consécutive, ainsi que de son expérience au GSP, mais également du championnat du monde auquel elle représentera l’Algérie ce mois de novembre à Paris.

La Dépêche de Kabylie : Vous avez été sacrée championne d’Algérie de karaté pour la neuvième fois consécutive. Un mot sur ce nouveau sacre ?

Dyhia Chikhi : Je suis très contente après mon sacre pour la neuvième fois consécutive. C’est un honneur et une fierté pour moi. Je me suis bien préparé pour ce championnat d’Algérie, qui s’est déroulé à la salle Harcha d’Alger. Du coup, je n’ai pas éprouvé trop de peine pour être sacrée championne d’Algérie. J’ai trouvé le niveau juste moyen et j’étais même sûr de conserver mon titre. Cependant, je ne vous cache pas que mon objectif est le championnat du monde dans lequel je représenterai l’Algérie ce mois de novembre à Paris.

Peut-on dire que la médaille de bronze que vous avez décrochée à l’Open de Paris vous a galvanisée lors de ce championnat national de karaté ?

Oui, bien sur. Un titre motive toujours un athlète, le met en confiance et le pousse à donner plus. Je ne vous cache pas que le niveau était élevé lors de l’Open de Paris, qui a vu la participation de plusieurs athlètes internationaux de haut niveau. Je suis rentrée en stage bloqué avec mon père et je n’ai pas lésiné sur les moyens pour décrocher cette médaille de bronze, un exploit qui n’était pas du tout facile.

A 22 ans, et votre palmarès est déjà élogieux. Que cela vous fait-il d’être championne d’Algérie neuf fois consécutives et vice-championne du monde ?

Je suis naturellement contente et fière de ce que j’ai réalisé jusque-là même si le plus dur reste à venir. J’ai plusieurs titres que j’ai décrochés haut la main. Je n’ai pas cru un jour que je raflerai autant de titre à cet âge-là car devenir championne d’Algérie et vice-championne du monde me donne des ailes et me boostera davantage à gagner d’autres titres. Si j’avais décroché autant de titres à 25 ans, ça aurait été une suite logique, car j’aurais eu gagné beaucoup d’expérience lors des compétitions. J’éprouve une immense fierté et un grand plaisir lorsque je croise des gens qui me disent merci d’avoir honoré notre région. Cela me donne la chair de poule et je remercie tous ceux qui m’ont soutenue pour en arriver là à commencer par mon père, mes entraîneurs, ma famille et mes amis.

Peut-on connaître le secret de votre réussite et cette ascension fulgurante ?

Il n’y a aucun secret, à part le travail et la volonté. Il faut savoir que j’ai sué pour en arriver là. Je suis sérieuse et je travaille dur. Je me concentre pleinement sur ma mission et aux entraînements. En plus, j’aime beaucoup ce sport depuis que j’étais petite. Et comme on dit, il n’y a que le travail qui paye.

Comment arrivez-vous à concilier sport et études ?

C’est vrai que c’est difficile de réussir deux choses à la fois, car on ne peut pas courir derrière deux lièvres, comme on dit, mais je sais répartir mon temps et faire la part des choses. J’ai eu mon Bac l’an passé et j’avoue que les responsables de l’éducation et mes professeurs m’ont beaucoup aidée à m’en sortir, en me donnant des cours supplémentaires et des cours de rattrapage, lorsque je m’absente à cause d’une compétition. Ma carrière professionnelle est importante à mes yeux, mais ce n’est pas pour autant que je vais abandonner les études. Dieu merci, je gère bien les choses et c’est tant mieux pour moi, même si ce n’est guère facile de gérer deux choses à la fois, en témoigne les nombreux sportifs de haut niveau qui abandonnent leurs études pour leur carrière sportive.

Désormais, quels sont vos objectifs et vos ambitions à long terme ?

Mon objectif au niveau national est de conserver mon titre l’an prochain pour rentrer dans l’histoire du karaté national, en tant que première athlète qui domine ce titre depuis une décennie, ce qui n’est pas du tout repos pour moi. Je prépare aussi le championnat d’Afrique et le championnat arabe où j’ambitionne de décrocher d’autres titres pour enrichir mon palmarès. Mais, mon principal objectif est de bien représenter l’Algérie lors du prochain championnat du monde du karaté qui se déroulera ce mois de novembre à Paris.

Justement, avez-vous les moyens de décrocher un titre et ambitionnez-vous celui de championne du monde pour représenter dignement l’Algérie ?

Bien sur que je suis ambitieuse et que j’ai confiance en mes capacités. J’ai le moral au beau fixe et je me sens très bien dans ma peau, Hamdoullah. J’ai confiance en mes qualités et j’ai l’espoir de devenir championne du monde et représenter tel qu’il se doit mon pays, lors de cet événement international de haut niveau. Je sais très bien que ma mission ne sera pas une sinécure, mais je cravacherai dur et je vais suer pour être plus performante qu’avant. Je travaillerai dur en compagnie de mon père et avec les entraîneurs de l’EN qui m’aident beaucoup. Je ferai de mon mieux pour être à la hauteur de la confiance placée en moi par la Fédération algérienne du karaté afin de représenter dignement l’Algérie lors de championnat du monde à Paris et Inchallah, je décrocherai un titre lors de ce championnat pour hisser le niveau du karaté algérien.

Vous avez tenté une expérience l’an passé avec le GSP avant de faire votre come-back à la JS Fréha…

Oui, vu que j’étais étudiante au lycée sportif de Draria, les responsables de ce grand club ont approché mon père dans le but de m’enrôler et j’étais très intéressée par leur offre. Vu les moyens dont ils disposent, je n’ai pas hésité une minute pour accepter leur offre, après le feu vert de mon père qui a décidé de me libérer. Ça a été une très bonne expérience, car j’ai trouvé de bons athlètes au sein de l’équipe, où je ne manquais de rien. J’ai décidé de retourner au bercail cette année en concertation avec mon père, pour servir mon club la JS Fréha, qui m’a enfantée, et mettre mon expérience au profit des athlètes de ma région Ath Djennad, qui regorge de jeunes talents ambitieux. Je ne regrette nullement d’avoir fait mon come-back, malgré le peu de moyens ici à Fréha par rapport au GSP.

Le peu de moyens dont dispose la JS Fréha, ne risque-t-il pas justement de freiner votre progression ?

C’est vrai que les moyens sont indispensables, car il faut bien s’entraîner et bien se nourrir en respectant une certaine hygiène de vie pour garder son élégance et son rythme, mais je dirai que ma volonté et mon ambition d’aller loin remplace le peu de moyens que j’ai ici au sein de mon club, la JS Fréha. Je ne me plains pas trop et je fais avec les moyens dont dispose le club et j’espère que la situation s’améliorera dans un proche avenir, car nous avons grandement besoin de moyens pour aller de l’avant et former d’autres athlètes, qui honoreront notre club et notre région. Je profite de cette occasion pour lancer un appel aux autorités concernées pour nous venir en aide et améliorer notre situation, tout en espérant que mon appel trouvera un écho.

On vous laisse le soin de conclure cet entretien…

Je dédie mon titre de championne d’Algérie de karaté à mon club formateur JS Fréha, à mon père, à ma famille et à mon village Taguercift, ainsi qu’à toute la région d’Ath Djennad et toute la Kabylie. Je le dédie aussi à mes amis et mes oncles. Je me prépare dur pour représenter dignement l’Algérie lors du prochain championnat du monde de karaté à Paris et je ferai le maximum pour décrocher un titre et, pourquoi pas, devenir championne du monde pour donner une autre dimension à ma carrière professionnelle car je suis toujours animée d’une bonne volonté et je ne vais pas m’arrêter en si bon chemin, car tous les titres que j’ai décrochés ne sont qu’un début. Cela me frayera le chemin pou devenir championne du monde de karaté.

Entretien réalisé par : K. Kader

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