La botanique à… fleur de peau

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Il est des passions à ce point dévorantes qu’elles accaparent le corps et l’esprit. Celle que voue Mme Melissa Saâd, 29 ans, au monde de la botanique est, sans nul doute, de celles-là. D’avoir conquis un espace connu pour être l’apanage de la seule gent masculine la comble de félicité. Car une femme fleuriste, avouons-le, ça ne cours pas les rues. Du moins, dans la vallée de la Soummam. Et Melissa peut s’enorgueillir d’être l’une des pionnières à investir ce créneau dans la région. Il n’est qu’à voir son aisance, sa désinvolture teintée de relents d’orgueil, à évoquer la manière dont elle a fait son entrée initiatique dans ce microcosme truculent et tout de poésie vêtu, pour s’en convaincre. Bénéficiant, il est vrai, d’une famille compréhensive et d’un mari bienveillant. Melissa ne s’est donc pas faite prier pour renoncer au job d’assistante médicale qu’elle exerçait dans une clinique privée et rejoindre le «paradis végétal», comme elle se plait à l’affubler. «Je suis comme un vers de terre, qui ne peut aucunement se séparer de son substrat. Et rien qu’à voir le bourgeonnement d’une plante ou l’éclosion d’un bouton floral me comble de bonheur », dispose-t-elle. Avec cet amour éthéré pour la botanique, sa sensibilité à fleur de «pot», tailler, repiquer, rempoter… n’ont pas de secret pour Melissa, qui avoue tenir comme à la prunelle de ses yeux à ce monde fragrant et bariolé. Une occupation ce qu’il y a de prosaïque, diriez-vous. Soit. Mais à ceci près qu’en défrichant l’inconnu, cette brave dame n’en bouscule pas moins les préjugés et fait la nique aux tabous. Un véritable pied de nez, en somme, à tous ceux qui ne reconnaissent de statut pour la femme que celui de génitrice, taillable et corvéable à merci. Et c’est toute la différence.

N. M.

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