Décidément, le torchon continue de brûler entre le ministère de l’Intérieur et la commission nationale indépendante de surveillance des élections, dirigée par Mohamed Seddiki. Et ça ne pourrait pas perdurer en raison de l’imminence des élections prévues pour le 10 mai, c’est à dire dans un peu plus d’un mois. Geler trois fois de suite en l’espace d’un mois l’activité de la commission n’a pas manqué d’irriter le ministre de l’Intérieur même si celui-ci à tenu à rester discret. Quant à son directeur des libertés et des affaires juridiques près le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales, Mohamed Taïbi, celui-ci a qualifié d’illogique et d’inconcevable la proposition de la Commission indépendante de la surveillance des législatives, portant sur la publication d’un seul bulletin de vote sur lequel figureraient les noms de tous les candidats. « Dès son installation par le ministre de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, La CNSEL n’a eu de cesse de déplorer l’attitude des autorités officielles « qui n’ont pas daigné répondre aux différentes correspondances ayant trait à l’organisation du scrutin du 10 mai ». La Commission détaille point par point les problèmes posés, qui restent sans réponse. Il s’agit, en premier lieu, du cas des militaires inscrits en bloc après la date limite fixée par la loi. La commission soulève également le point relatif au manque de moyens logistiques pouvant faciliter le travail de ses membres. Par ailleurs, elle s’étonne du refus de ministère de l’Intérieur d’alléger les dossiers de candidature et de prolonger le délai légal pour le dépôt de des dossiers des candidats. La commission de Mohamed Seddiki évoque aussi « des entraves » ayant marqué le retrait des papiers administratifs et judiciaires nécessaires des candidats. La CNSEL interpelle une nouvelle fois le ministre de l’Intérieur sur les modalités d’application des quotas de femmes aux élections législatives. C’est la deuxième fois que la Commission nationale de surveillance des élections législatives recourt au gel de ses activités pour faire entendre ses doléances. La commission ne compte pas baisser les bras et menace de recourir « à tous les moyens légaux » pour faire aboutir ses revendications en vue de garantir la transparence des élections législatives. Ensuite, la CNSEL qui s’est réunie jeudi dernier, a décidé de maintenir le gel de ses activités jusqu’à aujourd’hui, a t on appris. « Les problèmes sont toujours en suspens », a affirmé M. Seddiki, suggérant par là que le département de l’Intérieur, qui « a répondu par écrit jeudi », n’a pas donné de suites favorables aux réclamations de la Commission. « On se réunira dimanche (ndlr : aujourd’hui) pour trancher plusieurs points importants », a t il affirmé sans préciser la nature des actions que la Commission compte entreprendre.
Ferhat Zafane
