Tizi-Ouzou Les enseignants chercheurs et praticiens de la santé du CHU montent au créneau – « Le départ du DG réclamé ! »

Les praticiens spécialistes et les enseignants chercheurs hospitalo-universitaires du CHU Nedir Mohamed, ont tenu hier, un sit-in devant le SAMU, suivi d’une conférence de presse.

Les médecins dénoncent la « gestion arbitraire et chaotique, l’abus de pouvoir et, surtout, le harcèlement au quotidien », dont ils disent être « victimes » de la part de la direction, notamment le directeur général à qui ils incombent la responsabilité de toutes leurs souffrances et dont ils réclament le « départ », comme seul remède à la situation « catastrophique à laquelle il a mené l’établissement ». Les conditions de travail, qu’ils jugent des plus « lamentables et catastrophiques », et beaucoup d’autres griefs ont été soulevés par la membres de la coordination locale, qui regroupe la section syndicale des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP) et la section syndicale des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (SNECHU), nouvellement créée.

A en croire les dires de ces derniers, lors de la conférence d’hier, rien ne fonction bien au CHU de Tizi-Ouzou. Les contestataires, qui ont voulu adresser un « SOS » à la tutelle, ont énuméré leurs griefs en commençant par « la concentration du pouvoir, le manque de moyens, notamment en médicaments et les réactifs, les conditions lamentables d’accueil des malades, l’insécurité et les agressions, dont sont victimes même des médecins, par des agents censés pourtant leur assurer la sécurité les recrutements dans des conditions douteuses, les sanctions non justifiées du personnel et les mutations de plusieurs cadres intègres ». Les membres de la coordination n’ont pas mâché leurs mots, tout au long de la conférence, en qualifiant les actes des gestionnaires du CHU de « contraires à la loi, notamment concernant le cumul de fonctions». Les médecins dénoncent, également, « la campagne de désinformation quotidienne, que la direction est entrain de mener à travers quelques médias, surtout la radio ». Les représentants syndicaux des médecins praticiens et enseignants chercheurs du centre hospitalo-universitaire Nedir Mohamed, se plaignent, également, de la fermeture de plusieurs accès aux services, ainsi que l’occupation d’un immense espace, devrant servir de « parking aux médecins », par le directeur général. Aussi, le fait que ce dernier ait procédé à « la nomination de son épouse à la tête du conseil scientifique dans des conditions douteuses » est, pour les membres de la coordination syndicale locale, « contraire à la législation ». C’est ainsi que dans leur lettre adressée à la tutelle, qui date du 24 février 2012, les médecins avaient déclaré que « cette descente aux enfers ne peut plus durer, si tel est le cas, cela constituerait une entrave majeure au fonctionnement de notre CHU ». A cet effet, ils demandent clairement « le remplacement de l’administration, notamment le directeur général », parce que pour eux, c’est « lui et sa gestion arbitraire qui sont le fond du problème ». Sur une question d’un journaliste concernant les actions que la coordination envisage au cas où il n’y aurait pas suite à leur revendications, l’ensemble des membres partagent la même vision, « on ne s’arrêtera pas là on a déjà averti les autorités locales et nous envisageons une lettre ouverte au Président de la République. Ne soyez pas étonnés que les choses aillent dans le mauvais sens ». Les médecins avancent que le directeur général du CHU n’a fait qu’une seule bonne chose, « il nous a poussés à nous réunir en une seule coordination, et maintenant nous sommes plus forts et plus solidaires. C’est dire combien il a augmenté et élargi le cercle des victimes et de la protestation ».

Rachida Selmani