Les représentants des anciens rappelés de Kabylie, de la période entre 1994 et 1998, au service national, ont décidé de créer un Conseil national des rappelés au service national pour un mouvement désormais élargi à l’échelle nationale. Ainsi, et à en croire le PV de la réunion tenue le 13 du mois en cours, les rappelés au service national de la wilaya de Tizi-Ouzou ont créé le Conseil national des rappelés au service national (CNRSN). Une première étape où les concernés vont s’organiser en conseil national afin de parer leur mouvement d’une bonne organisation et de donner une envergure nationale à leurs actions de protestation. La réunion a eu lieu au chef-lieu de Ouacifs, en présence de délégués venus de plusieurs daïras de la wilaya, notamment Ouacifs, Makouda, Beni Douala, Mekla, Tigzirt, Ouadhias, Tizi-Ouzou, Maâtkas, Tizi Rached, Azzazga, Draâ El Mizan, Azeffoun, entre autres localités. Le conseil national, qui sera constitué des présidents des coordinations de wilaya élus, aura pour mission de soulever les revendications de anciens mobilisés ou des MOB, comme ils se faisaient appeler à l’époque. Par ailleurs, et à l’issue de la réunion, les actions à entrevoir pour leurs revendications n’ont pas encore été décidées. Les participants, ont en revanche tranché sur la nécessité de faire part de leurs actions à toutes les mouvances politiques, invitant celles-ci à « contribuer à la révélation de nos revendications au pouvoirs publics et au peuple algérien pour le tenir au courant de ce que nous subissons », est-il écrit dans le PV de la réunion de Ouacifs. Une occasion pour eux de sortir de l’ombre et d’exposer à l’opinion publique « l’indifférence totale du pouvoir » à leur égard, ce qu’ils n’ont pas cessé de dénoncer au cours de leur différents mouvements de protestation. Le mouvement contestataire de ces rappelés au service national durant les années noires au niveau de la wilaya, a commencé dans l’appréhension, avec des actions timides de la part des « MOB» non encore organisés. Mais le 24 août dernier, ces anciens rappelés ont investi la rue à Tizi-Ouzou avec des revendications qui s’inscrivent dans le cadre socio-économique. Ils réclament, notamment, un statut digne de leurs sacrifices, eux qui ont protégé le pays et combattu les hordes terroristes, et une prise en charge des blessés d’entre eux et de leurs familles.
Les anciens mobilisés réclament, aussi, une pension mensuelle et une indemnisation à compter de 1995, en plus de la réintégration de ceux qui ont perdu leurs postes de travail après leur rappel au service national.
T. Ch.
