Commémoration du 20 avril – Marche à Tizi-Ouzou…

Près d’un millier de personnes étaient présentes, hier, à la marche de Tizi-ouzou, à laquelle avait appelé le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK), à l’occasion de la célébration du double anniversaire du printemps berbère 80 et du printemps noir 2001.

Hier matin, au niveau du chef lieu de la wilaya, la journée du vendredi pouvait sembler pareille à toute les autres. Tout paraissait calme, si ce n’était l’important dispositif de sécurité notamment au centre ville, qui ne manquait pas d’attirer l’attention. A 9 heures, devant le portail de l’université Mouloud Mammeri, où devait s’ébranler la marche, des groupes de jeunes commençaient à se former. Il s’agissait de célébrer deux événements qui demeurent vivaces dans la mémoire commune. Le 32ème anniversaire du printemps berbère 1980, et la 11ème commémoration des événements du printemps noir 2001. Pour l’occasion, des dizaines de citoyens, des quatre coins de la wilaya, ont rallié la ville des Genêts pour marquer la double commémoration. Il était 10 heures, la pluie était encore au rendez-vous, mais la placette devant le portail principale de l’université de Hasnaoua était déjà noire de monde. Des groupes ne cessaient d’arriver faisant grossir la foule qui accompagnait en cadence des chansons engagées de Matoub Lounes qui jaillissaient des hauts parleurs. Selon les organisateurs, les participants se comptaient en milliers. « La réussite de la marche dépasse toutes nos espérances, puisqu’elle a pu réunir des personnes qui ont mis de côté toutes leurs divergences. Il est agréable de constater que la commémoration du 20 avril revêt toujours la même importance aux yeux et dans le cœur de la génération actuelle », nous avouera Hicine Azem du Congrès Mondial Amazigh. Par ailleurs, l’expression a été au travers des slogans. Aux éternels : « Ulach Smah Ulach », « Pouvoir assassin », les marcheurs ont improvisé à cette occasion, d’autre slogans pour exprimer le vécu de la population au quotidien, comme ces voix qui criaient : « Lbatata thnach n alef » (la pomme de terre à 120 Da). Ces slogans commençaient déjà à émerger du cœur de la foule, avant le coup d’envoi de la marche, scandés par des jeunes et moins jeunes qui trépignaient d’impatience. Coup d’envoi qui sera donné aux coups de 11h. La foule avancera lentement vers le centre ville de Tizi-ouzou, en empruntant la rue Lamali Ahmed. On ne distinguait que les couleurs, jaune, vert et bleu des drapeaux et autres banderoles des manifestants.

Certains Tizi-ouziens, sont sortis dans la rue, sur les trottoirs, au passage des sept carrés qui formaient la marche. Arrivée au centre ville, plus exactement, devant l’entrée du commissariat, « premier rond-point », la marche a failli virer à l’émeute, étant donné que certains jeunes ont tenté de s’en prendre à cette enceinte.

Mais ces derniers ont vite été ramenés à la raison par les organisateurs, qui faisaient, visiblement, tout pour que cette manifestation conserve son aspect pacifique annoncé. A signaler que cette marche à laquelle a appelé le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (Mak) a vu la participation du RCD, du Comité national des étudiants démocrates amazighs, ainsi que de nombreuses autres associations. Les marcheurs, arrivés au lieu dit du deuxième rond-point, devant l’ancienne mairie de Tizi-ouzou, se sont séparés dans le calme.

T. Ch. .