Ce n’est que plus d’un mois après la rentrée, qu’un proviseur a été nommé au lycée Mustapha Ben-Boulaïd d’Aïn El Hammam. Il était temps car au vu des flottements qu’a connu l’établissement en début d’année, les parents d’élèves redoutaient que l’absence prolongée d’un directeur ne se répercute sur la scolarité de leurs enfants. Cependant, il y a lieu de reconnaître qu’étant donné la situation actuelle du lycée, les prétendants au poste de premier responsable ne se bousculent pas. En effet, le directeur hérite d’une situation peu enviable, surtout du point de vue pédagogique, comme en témoignent les résultats catastrophiques enregistrés, l’an dernier (avant-dernier au niveau de la wilaya). La première tâche qui l’attend est de faire l’état des lieux pour remédier à la situation, car il est inconcevable qu’un lycée aussi ancien et renfermant en son sein plusieurs enseignants de valeur, se permette de sombrer dans la médiocrité. La première conséquence de cet échec au baccalauréat est le nombre important d’élèves exclus qui refusent d’être sacrifiés par la loi du nombre et du manque de places pédagogiques. Les réclamations des parents et les va-et-vient incessants des élèves dont les doléances ne sont pas satisfaites, peuvent conduire à une situation qui peut dégénérer. La grogne a atteint même les élèves scolarisés régulièrement qui menacent de faire grève, en signe de solidarité avec leurs ex-camarades. En effet, ce jeudi vers midi, des affiches placardées aux abords du lycée, appellent à un arrêt des cours pour ce samedi à 10 heures. Certains anciens que nous avons contactés nous ont fait part de leurs revendications qui consistent en le rétablissement des classes spéciales comme par le passé. « Si nous avons raté notre bac, la responsabilité ne nous incombe pas à nous seuls. Nous la partageons avec notre établissement. La direction doit nous donner une autre chance de repasser l’examen. Il y va de notre avenir », affirme Malek, dont la moyenne annuelle est en-dessous de 10/20. Son camarade abonde dans le même sens. « Si j’avais été capable d’avoir cette moyenne exigée pour le redoublement, j’aurais certainement été admis au bac ». Le lycée ne devrait pas faire le ménage dans le souci de garder les meilleurs pour améliorer le pourcentage de réussite. Il devrait plutôt aider les plus faibles à se hisser au niveau des autres et là, le mérite n’en serait que plus grand.
Nacer B.
