Tizi-Ouzou Ahmed Benbitour à l’université Mouloud Mammeri – «Il est plus que temps d’opérer les réformes»

L’ancien chef du gouvernement algérien (1999 et 2000), M. Ahmed Benbitour, est intervenu hier à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-ouzou, où il a animé une conférence débat autour du thème « L’Algérie, quel modèle pour le changement ». Au cours de sa conférence, qui a enregistré une forte adhésion dans le milieu des étudiants, Benbitour dira que, l’Etat, en Algérie est aujourd’hui « défaillant ». Etant donné qu’il est basé « d’un côté sur l’autocratie, qui est le fait de ne pas accepter de contre pouvoir, et de l’autre sur le patrimonialisme, où le chef s’entoure d’un cercle de courtisans qui aspirent à bénéficier de ses faveurs, au moment où le peuple est délaissé », dira-t-il. L’ex chef du gouvernement algérien et ancien ministre des finances proclamera le changement, qui entre d’ailleurs dans le sujet de sa conférence « l’Algérie, quel modèle pour le changement » qu’il a animée, hier, à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-ouzou, en réponse à une invitation du comité des étudiants de la faculté des sciences économiques et de gestion, dans le cadre des activités organisées à l’occasion de la double célébration du 32ème anniversaire du printemps berbère 1980 et du 11ème du printemps noir 2001. Un changement qui est défini, dira-t-il, comme étant « le fait de faire partir le régime en vigueur et le remplacer par un régime démocratique ». Il insistera, par ailleurs, sur le fait que « ce changement boostera l’économie qui est malade et vulnérable. Notre économie nationale est frappée par la malédiction des ressources ». Aussi, et pour répondre à la question de comment survient le changement, l’hôte de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-ouzou, énumérera trois points essentiels : « une forte pression de la société réclamant le changement, une alliance stratégique et forte entre les forces du changement dans le but de mobilier la population, et enfin, un événement déclencheur ». Sur ce dernier point, l’orateur avancera, à l’assistance attentive, l’exemple de l’Espagne, où le sort de Franco a été l’élément déclencheur du changement dans le pays. Mr Benbitour signalera que cet élément déclencheur peut être « n’importe quel événement ». Aussi et selon le docteur en économie, l’Algérie a vécu un événement pouvant être déclencheur d’un changement, mais elle en a raté l’occasion.

Il faisait allusion aux événements de janvier 2011. Mais selon l’interlocuteur, les prochaines législatives pourraient aussi être cet élément déclencheur. « Le citoyen doit faire en sorte que le changement s’opère en choisissant son destin, à travers des élections organisées par le peuple et pour le peuple ». Une façon pour l’ex chef du gouvernement de désavouer le boycott et l’abstention. Il faudrait selon le conférencier, pour opérer le changement, innover en matière de gouvernants, mais aussi en terme d’outils et d’instruments. « Il faudra donc, ajoutera-t-il, miser sur la force motrice d’un discours mobilisateur, une vision anticipée, d’un Etat, sans le changement, et après sa mutation, en plus d’un leader chip, une bonne équipe capable de travailler », expliquera-t-il. Il terminera sa conférence ont réaffirmant : « Il est plus que temps d’opérer les réformes nécessaires ».

T. Ch.