A l’instar de leurs confrères dans le monde, les journalistes algériens célébreront, aujourd’hui, la journée internationale de la liberté d’expression et de la presse.
Cette date du 3 mai, célébrée 22 ans après la promulgation de la loi sur l’information de 1990, consacrant l’ouverture médiatique et ayant permis l’éclosion d’une multitude de journaux et de périodiques, est restée symbolique et charriant beaucoup d’espoir pour les autres médias, notamment audiovisuels. La décision du Président de la République portant dépénalisation du délit de presse, annoncée, dans le sillage des réformes politiques à approfondir pour répondre aux besoins de la société en mutation rapide, confère assurément une grande portée à cette date que les journalistes algériens célébreront aujourd’hui. La dépénalisation du délit de presse traduit, s’il en est, la volonté politique qu’il y a d’accompagner le secteur de la presse dans sa quête de qualité et de plus de professionnalisme. Le fait est d’autant plus important que le rôle des médias dans l’espace politique public et dans la promotion du débat d’intérêt national n’est plus à démontrer. La presse nationale est pour ainsi dire appelée à relever un double défi : celui de l’exercice du droit d’informer et le respect du droit à l’information du citoyen. Il est inutile de rappeler toute l’importance qu’accorde le Président de la République au développement d’une presse forte, professionnelle et au diapason de l’évolution technologique. Une presse à même d’accompagner la démocratisation, tous azimuts, de la vie nationale. Comme à l’accoutumée, les journalistes, leurs syndicats, les organisations internationales professionnelles, les autres ONG défenseurs des libertés et droits humains… marqueront cette journée par des bilans, des classements, des appels aux gouvernants pour tout ce qui concerne la liberté de la presse. En Algérie, force est d’admettre que beaucoup d’acquis sont à mettre en exergue, mais il reste encore à parachever cette ouverture par son extension aux télévisions, aux radios sans monopole de l’Etat mais bien sur en permettant aux professionnels du secteur d’ouvrir leurs propres canaux tout en mettant un soubassement de contrôle par un conseil supérieur de l’audiovisuel qui aura à gérer les dépassements. La liberté de la presse, lorsqu’elle est acquise et exercée avec responsabilité est incontestablement un puissant levier de progrès et de renforcement de la démocratie et des autres pouvoirs de l’Etat que sont le judicaire, le législatif et l’exécutif. Elle participe ainsi à l’évolution de la société vers sa propre liberté vers son épanouissement et son bonheur.
Au final, les sociétés et pouvoirs politiques qui protègent la liberté de la presse, se garantissent une paix forte et durable. A l’échelle d’un pays, le rôle de la presse dans l’instauration de la justice sociale et la paix est capital lorsque sa liberté est garantie et qu’elle est exercée de manière professionnelle et éthique.
Aussi, l’appel du président Abdelaziz Bouteflika à la presse nationale pour qu’elle s’investisse dans la lutte contre la corruption et la promotion de la paix n’aura de sens et d’effet que si la presse nationale ne soit pas sous la menace permanente de la censure, des tribunaux, des forces politico-financières, des maffias ou encore sous les intimidations du pouvoir politique lui-même.
Ferhat Zafane

