(1re partie)
«Amachahou rebbi ats iselhou Ats ighzif anechth ousarou» (Ecoutez, que je vous conte une histoire, Dieu fasse qu’elle soit belle, longue et se déroule comme un long fil).
Pour parvenir à ses fins l’homme a parfois recours au mensonge, c’est le cas dans ce conte du terroir. Un jeune homme a épousé une jeune femme avec laquelle il a eu un petit garçon. Le couple est très heureux, mais leur joie est de courte durée, la jeune épouse décède très tôt de maladie. Resté veuf, avec un enfant âgé de six ans sur les bras, l’homme est désespéré. Ne pouvant subvenir aux besoins d’un enfant, il cherche à se remarier. Là où il se rend on lui pose toujours les mêmes questions :- As-tu été marié ? As-tu des enfants ?En répondant sincèrement par oui, il est à chaque fois éconduit. Gêné par la présence de son petit pour pouvoir se remarier, il décide de ne pas dire la vérité. Il se présente dans une famille pour demander la main de leur fille. Quand on lui pose les fameuses et lancinantes questions :- As-tu été marié ? As-tu des enfants ? Cette fois-ci il répond par non. Grâce à ce mensonge il réussit à épouser la femme demandée. Pour que sa nouvelle épouse ne s’aperçoit de rien durant quelques jours il remet son enfant à sa tante maternelle. Mais ce dernier ne fait que pleurer, lassée la femme le lui rend un matin. Comme il n’était pas à la maison, c’est son épouse qui lui ouvre la porte. Surprise par cette intrusion, elle demande à la femme qui accompagne le petit, qui, il est. Ne l’ayant pas instruite auparavant la tante lui sourit et lui dit :- C’est le fils de ton mari, il ne t’a rien dit, il a menti ! En tout cas ma fille, c’est la vérité, sa femme est décédée. Moi je suis très occupée, je n’ai pas de temps à consacrer à ce petit ! C’est sa maison celle-ci, tu es l’épouse de son père, à toi de t’en occuper désormais, moi je m’en vais, salue ton mari de ma part, je ne peux rester. Et la tante tourne les talons pour rentrer chez elle ou plutôt à la maison. La jeune femme est éplorée, le coup est dur à avaler. Elle reste prostrée durant toute la journée. Elle ne fait que pleurer. Quand son mari rentre dans la soirée, elle lui demande de la ramener chez elle pour lui avoir menti. L’homme a beau essayer de se justifier, il n’arrive pas à la calmer. Il ne veut pas se résigner à la lâcher. Pour tenter de l’amadouer, il l’a supplie de rester. Voyant l’ascendant qu’elle commence à avoir sur lui, malicieuse qu’elle est, elle lui dit en présence du petit qui joue à ses côtés :- J’accepte de rester à la seule condition que tu tues le petit !Entendant ses propos, le petit sort subrepticement et disparaît. L’homme aime son petit, mais devant l’ultimatum qui lui est fait, il se résigne à le tuer. Armé d’une lame effilée (thifrouthe) il appelle son fils pour exécuter l’horrible sentence, mais celui-ci a pris la poudre d’escampette. Le petit garçon erre par monts et par vaux. Il fut recueilli par un homme aisé, qui décide de l’adopter après avoir écouté son récit.
Benrejdal Lounes(A suivre)
