Wilma fait grimper les prix du pétrole

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Décidément, les marchés pétroliers n’en finiront pas de découdre avec les ouragans trouble-fête. Après Katrina et Rita, voila Wilma ! Le Golfe du Mexique commence à peine à panser ses blessures causées par les deux précédentes tempêtes tropicales, qu’il se prépare à subir les foudres d’une nouvelle. Conséquence prévisible : les prix du brut remontent fortement. Lundi matin, le baril du « light sweet crude », a progressé à New York de 1,45 USD à 64,08 USD. A Londres, sur l’International Petroleum Exchange (IPE), le baril de Brent de la mer du Nord prenait 1,49 USD à 60,97 USD, selon l’AFP. « Les prix du pétrole s’envolent de plus d’un dollar, alors qu’une nouvelle tempête se formant dans les Caraïbes menace de frapper les plateformes pétrolières du golfe du Mexique pour la troisième fois cette année », a souligné un analyste, cité par l’AFP. Et d’ajouter : « Alors que les installations de production et de raffinage de pétrole n’ont toujours pas entièrement récupéré, la tempête a le potentiel de pousser les prix nettement plus haut ». La tempête tropicale Wilma, la 21e tempête de la saison 2005 dans l’Atlantique, se situait lundi en Amérique centrale, entre la Jamaïque et le Honduras. Elle devrait se renforcer au cours des prochaines 24 heures, et dévier vers le nord à partir de mercredi pour atteindre le golfe du Mexique d’ici vendredi matin, selon le Centre national des ouragans (NHC), basé aux Etats-Unis. Selon l’agence fédérale américaine Minerals Management Service, plus des deux tiers de la production de brut et de la moitié de celle de gaz naturel étaient encore paralysés vendredi dans le golfe du Mexique à cause de Katrina et Rita. En outre, six raffineries étaient encore contraintes à l’arrêt dans le sud des Etats-Unis, et deux essayaient de redémarrer. A ces inquiétudes s’ajoutaient celles de nouvelles tensions en raison de la hausse de la demande attendue dans l’hémisphère nord à l’approche de l’hiver. « Des inquiétudes se font jour au moment où nous entrons dans le mois de novembre, qui peut être froid aux Etats-Unis », a relevé un analyste américain. Et de poursuivre : « Les marchés craignent que, en cas de coup de froid, la demande grimpe et un problème d’approvisionnement surgisse ». La demande mondiale augmente habituellement de plus de 2 millions de barils par jour (mbj) au quatrième trimestre, notamment en raison d’une hausse de la consommation de fioul de chauffage en Europe et aux Etats-Unis. Ainsi, même si les derniers chiffres du ministère américain de l’Energie font état d’une baisse de la demande d’essence et de produits distillés ces quatre dernières semaines, bon nombre d’analystes sont sceptiques et ne croient pas à un recul durable de la demande. Par ailleurs, les craintes de perturbation de la production au Moyen-Orient ont été accrues par le double attentat en Iran qui a fait samedi cinq morts et une centaine de blessés dans la ville à majorité arabe d’Ahvaz (sud ouest).

AFP et Elias Ben

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