Les commerçants montent au créneau

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Tôt dans la matinée d’hier, des dizaines de commerçants de la ville de Bouira ont fermé la route qui mène vers l’ancienne gare routière de la ville, au niveau du carrefour dit «de Cevital».

Par cette action les contestataires ont voulu interpeller les autorités locales, à leur tête le wali, sur la nécessité de leur allouer un marché afin qu’ils puissent exercer leur métier. C’est vers 8h30 qu’une cinquantaine de commerçants se sont rassemblés devant le dit carrefour, procédant au blocage de la route à l’aide de blocs de pierre et autres troncs d’arbres. Ce qui a obligé les automobilistes à rebrousser chemin. Par la suite, délégué de wilaya de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) a pris la parole pour dénoncer le « mépris des autorités » vis-à-vis de la corporation qu’il représente. « Nous sommes ici dans le but de défendre nos droits légitimes qui ne peuvent être remis en cause. Les commerçants du chef-lieu ne savent plus où travailler. La place qui faisait office de marché vient d’être récupérée par son propriétaire. Ce dernier n’est pas à blâmer, car il avait conclu un deal avec les autorités. Il est dans son droit », a-t-il dit. Il est utile de noter que ces commerçants avaient pour habitude d’installer leurs étals à proximité d’un passage à niveau, sur un terrain apparentant à un particulier. Ce dernier a récemment décidé d’entamer des constructions. De ce fait, les commerçants se sont retrouvés sans « lieu de travail ». L’un de ces derniers nous a déclaré qu’« aussi bien le chef de daïra que le P/APC de Bouira n’ont daigné répondre à nos nombreuses sollicitations », avant que le porte parole de l’UGCAA ne lui emboîte le pas en assénant que « le P/APC et le chef de daïra excellent dans le mépris ! Sans cela, comment expliquer le fait qu’aucune suite n’ait été donnée aux multiples requêtes et réclamations que nous avons établies ». Un peu plus tard, les éléments du service d’ordre sont intervenus dans le but de calmer les esprits et de libérer la voie, mais en vain. Tout au long de cette matinée de contestation, aucun responsable n’a daigné se déplacer sur les lieux. Cela a mis les manifestants hors d’eux. « Constatez par vous-même le degré de mépris et d’indifférence que les pouvoirs publics affichent à notre égard, c’est lamentable ! », ont-ils fulminé. A l’heure où nous rédigeons cet article, la situation demeure inchangée, les protestataires campent sur leurs positions et ne veulent, en aucun cas, faire marche arrière. « Nous sommes déterminés à camper ici le temps qu’il faudra et nous envisageons sérieusement de durcir notre mouvement », nous a signifié l’un d’eux. Pour rappel, un mouvement de grogne similaire a été enregistré il y’a de cela quelques mois. Un bras de fer qui a duré presque deux mois et qui avait opposé les commerçants de la vieille ville de Bouira au wali. Ce dernier avait finalement consenti à lâcher du lest au sujet de l’attribution de locaux et du dédommagement des commerçants, qui avaient dû plier bagages en raison des travaux de rénovation de l’ancienne ville. Enfin, il importe de préciser que ce mouvement de protestation a partiellement paralysé la circulation automobile au niveau de la ville de Bouira.

Ramdane B.

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