Les saisons estivales passent et se ressemblent en Kabylie où peu de choses semblent avoir été faites pour améliorer la situation du tourisme, tant au niveau des côtes que des sites montagneux ou forestiers. Autrement dit, l’on ne s’attend pas à une saison exceptionnelle, cette année encore.
La saison estivale sera officiellement lancée aujourd’hui par le ministre du tourisme et de l’artisanat qui en donnera le coup du starter à partir d’El Kala, dans la wilaya d’E l Taref. En Kabylie, c’est hier que la saison a démarré même si les préparatifs sont encore de mise, notamment au niveau des plages où les actions de nettoyage et de débroussaillage continuent à se faire. Jeudi dernier, c’est la direction de la jeunesse et des sports qui a pris l’initiative de regrouper pas moins de 600 jeunes pour une action de volontariat environnementale.
Les éboueurs de la mer sont appelé à entreprendre la même action au niveau de la plage Tassalast de Tigzirt, à travers une action initiée conjointement par la direction du tourisme et de la chambre de l’artisanat de la wilaya, la Sonelgaz et de la direction de l’environnement et la radio nationale. Ces seules actions inscrites pour la préparation de la saison estivale interviennent juste à l’ouverture de cette dernière, ce qui fait penser à l’absence d’une stratégie capable de propulser le secteur touristique en Kabylie.
De même que les responsables de ce secteur se focalisent sur le tourisme balnéaire espérant attirer le plus grand nombre d’estivants, oubliant les autres potentialités de la région qui demeurent inexploitées et ignorées. Des sites et des alternatives touristiques, aussi bien montagneux, forestiers, historiques et cultuels, dont regorge la Kabylie et qui peuvent booster le secteur touristique si l’on daigne s’y intéresser et y investir, notamment en matière d’infrastructures hôtelières.
Un travail de réflexion et d’élaboration d’une nouvelle stratégie s’impose pour valoriser encore plus les destinations, autres que les plages, qu’offre la région. Car il faut dire que si les plages et les sites balnéaires ont droit à un rafistolage d’occasion, ce n’est pas le cas des autres lieux touristiques de Kabylie, qui ne bénéficient même pas de menus travaux de nettoyage.
Les ordures jonchent les rues et les ruelles des villes et villages kabyles et l’environnement parait, à vue d’œil, malsain. Le même constat peut facilement être établi sur les contrebas des routes. L’on parlera aussi du problème du transport, car trouver un moyen de locomotion pour parvenir aux sites touristiques, balnéaires ou autres, n’est pas si évident que cela. Ce service fait réellement défaut, surtout en cette période de l’année où le transport et très sollicité.
En effet, les estivants sont obligés soit de louer des véhicules, ce dont profitent les agences de location, soit de prendre leur mal en patience et tenter leur chance avec le peu de lignes disponibles desservant ces régions. Ajouter à cela, le manque d’eau potable dont souffrent notamment les régions côtières et qui s’accentue à chaque saison estivale.
La commune d’Azeffoun, par exemple, qui a vu le projet d’acheminement de l’eau, depuis le barrage de Taksebt, reporté à une date ultérieure, se prépare comme elle peut à faire face à ce manque.
Chose qui ne peut être aisée avec le flux des estivants qui font de cette région, attractive par ses plages, leur destination favorite.
Les responsables devraient mettre plus de moyens et la saison estivale devrait impliquer d’autres directions et secteurs de la wilaya, où un travail collégial est de mise. Une politique touristique et une stratégie spécifique s’imposent d’elles-mêmes pour mette les bases d’un tourisme qui devrait être florissant étant une réelle vocation pour la Kabylie.
T. Ch.

