Celui que ses très nombreux fans n’appellent plus que “Trissiti”, en référence à son méga tube de l’été, a mis en l’espace de deux heures le feu ou plutôt la “trissiti” à une maison de la culture pleine comme un œuf. Le public, jeune en majorité, ne s’y est pas trompé, communicant sans relâche avec un Allaoua au summum de son art. Ce dernier sait faire alterner chansons-danses dans la plus pure tradition chaâbie, avec des rythmes endiablés, plongeant la salle dans un état proche de la transe collective. Les groupes, fort nombreux, forment, à l’occasion, la plus grande chorale dont un chanteur puisse rêver, des groupes que le crooner kabyle a progressivement amenés au bord de la crises, de nerfs, dans un état proche de la pâmoison. Le show, plein, mené de main de maître par un virtuose du mandole, a été entrecoupé à deux reprises : une première fois, bien involontairement par une panne de “trissiti”, un comble pour “trissiti himself”, et une seconde, cette fois-ci voulue, pour la pause kalbelouze. Côté professionnel, rien à dire si ce n’est que Allaoua ne triche ni avec ses musiciens ni avec le public, un public qui le lui rend merveilleusement, à un point tel qu’à un moment du show, on ne savait plus qui de l’assistance ou de l’artiste donnait de la voix. Un public en or, pour une perle rare.Un mot, à l’endroit de l’organisation dont l’efficacité discrète a fait merveille face à un public débordant d’énergie et qui tenait absolument à ne faire qu’un avec son idole, pour donner vie à une énorme entité qui vibre et qui n’entend qu’un seul langage : la musique et le verbe juste y étaient, dans une synergie fort bien réussie.Eros trissiti, le chanteur de charme, le tombeur des dames, est parti pour un long, long bail avec le public béjaoui.
Mustapha R.
