Une attaque terroriste, avant-hier soir, contre la BMPJ a fait deux morts parmi les policiers – Nuit de terreur à Ouacifs

Le siège de la Brigade mobile de la police judiciaire (BMPJ) de Ouacifs, qui abrite également la sûreté de daïra, a été avant-hier soir, la cible d’une attaque terroriste spectaculaire, qui s’est soldée par la mort de deux éléments de la BMPJ et la blessure de deux autres.

Alors que du côté des civiles, il est fait état de deux femmes atteintes par des balles qui ont ricoché lors de la fusillade. Il était un peu plus de 20h 30 au moment où la majorité des citoyens étaient rentrés chez eux et avaient les yeux braqués sur le stade Mustapha Tchaker de Blida à travers leurs télés, pour suivre le match Algérie – Gambie, quand les premiers coups de feu ont déchiré le silence de la nuit à Ouacifs. Un policier de service au niveau de sa guérite a ouvert le feu sur un premier groupe terroriste en vue. Cependant, un autre groupe, venant d’une autre direction, a surpris le brave policier qui a été mortellement touché. S’ensuivit alors une fusillade des plus intenses où le crépitement des armes automatiques se mêlait aux déflagrations des grenades et des tirs de Hab Hab (mortier artisanal) qui s’abattaient tel un déluge de feu sur les bâtiments abritant les éléments de la BMPJ. Selon les informations que nous avons pu obtenir de plusieurs sources, les terroristes qui avaient apparemment préparé leur coup, étaient en nombre important, une source policière fait d’ailleurs état de plus d’une centaine d’éléments armés jusqu’aux dents. Répartis en groupes, les assaillants se sont embusqués tout autour du commissariat, visiblement décidés à faire un carnage parmi ses occupants. Au moment de l’attaque, des feux nourris venaient de toutes parts, du côté de la cité « devises » faisant face au commissariat, du côté de la place principale du centre-ville, et surtout de la route menant à la salle omnisport, située derrière le bâtiment des services de sécurité sur un monticule fortement boisé.

Une bombe lancée n’a heureusement pas explosé

C’est de là d’ailleurs que les tirs de hab hab et des grenades ont été lancés en direction de l’intérieur du bâtiment de la BMPJ. Trois policiers ont été touchés dont un mortellement. Une bombe a même été lancée sur le mur d’enceinte du commissariat mais, fort heureusement, elle n’a pas explosé en butant sur le mur. La riposte des services de sécurité malgré l’effet de surprise et le nombre important des terroristes, a été vigoureuse et a empêché les assaillants d’accéder à l’intérieur de la caserne, évitant du coup un carnage certain. Dans la furie des échanges de tirs, deux femmes ont été atteintes par des balles perdues qui ricochaient sur les murs des habitations et commerces situés en face du commissariat. Une des blessées a d’ailleurs nécessité son évacuation vers le CHU Neddir Mohamed de Tizi-Ouzou à cause de la gravité de ses blessures. Pour empêcher toute arrivée des renforts, les groupes armés ont dissimulé une bombe au lieudit « Acherchour » à quelques centaines de mètres du carrefour « Tslatha » menant de la RN30 vers Ouacifs. Un accrochage a eu lieu d’ailleurs à cet endroit et les ambulances des polycliniques de Yatafen et Beni Yenni, dépêchées pour porter assistance ont été immobilisées au lieu dit «la tranchée» où les militaires en poste les ont dissuadées de se rendre à Ouacif, pour ne pas tomber dans le piège des terroristes. Au niveau de Souk El Had, chef-lieu de la commune de Yatafen, un convoi militaire a pris position durant une bonne partie de la nuit pour faire face à toute autre éventuelle attaque terroriste, comme c’est arrivé avons-nous appris, à Takhoukht, Ouadhias et Larbaa Nath Irathen où les terroristes ont pris pour cibles les barrages fixes dressés par les militaires, pour faire diversion et empêcher les services de sécurité d’aller en renfort vers Ouacifs.

Les terroristes voulaient accéder à l’interieur pour commettre un carnage

Hier matin, à notre arrivée sur les lieux, une foule s’était constituée devant le commissariat, les gens étaient venus s’enquérir des nouvelles d’un proche ou d’un ami policier et tous manifestaient leur sympathie envers les éléments des services de sécurité. Certains, parmi les riverains du poste de police ciblé racontaient ça et là quelques scènes du cauchemar vécu la veille. L’électricité ayant été coupée depuis le début de l’attaque, la plupart des commerces sont restés fermés et les impacts de balles étaient visibles sur les murs et les portes métalliques, preuve de l’intensité et de l’aveuglement de l’attaque. Vers 11h 45, un mouvement de panique s’est emparé de la foule à la vue des policiers, sortis pour communiquer avec les citoyens soudainement brandir leurs armes. La cause : une fausse alerte annonçant l’explosion imminente de la bombe lancée la veille sur le commissariat. Finalement le calme reviendra vite.

Des sources laissent entendre qu’un des terroristes a été blessé pendant la fusillade de la veille, mais il a réussi à prendre la fuite. Pour rappel, le commissariat de la BMPJ de Ouacif a été il y a une année de cela presque jour pour jour, la cible d’une attaque terroriste. L’accrochage avait duré une trentaine de minutes et s’est soldé par quelques blessures légères chez les éléments des services de sécurité.

Ce n’est malheureusement pas le cas cette fois-ci, l’incursion terroriste et la fusillade qui s’en est suivie a duré jusqu’à une heure du matin et s’est soldée par la mort de deux policiers.

Compte rendu de

Nassim Zerouki