Les citoyens de Takerbouzt se sont de nouveau mobilisés samedi dernier pour lancer une opération de volontariat (Thachemlith) d’envergure qui consiste en la rénovation et captage de pas moins de 14 sources vives pour augmenter la quantité d’eau que reçoit ce village.
Une quantité qui s’avère non seulement insuffisante mais aussi peu propre pour ne pas dire polluée, le lieu du captage qui alimente actuellement Takerboust étant une cavité du lit de l’oued Aghbalou. Continuant sur sa lancée les deux premiers volontariats dont une opération de nettoyage du village et entretien des rues et ouvrages d’évacuation des eaux pluviales, le comité des sages de ce village a décidé de s’attaquer à cette contrainte de l’AEP en appelant une nouvelle fois à la mobilisation des hommes valides pour s’occuper des anciens ouvrages de captage et transport de l’eau à partir de la montagne jusqu’au village sur une distance de 20 km, des ouvrages anciens et vétustes qui ont cessé de servir depuis des dizaines d’années. C’est ainsi que ce samedi, les volontaires estimés à quelque 800 personnes se sont retrouvés dès l’aurore au centre du village pour se rendre sur les lieux de l’opération, équipés de tout le matériel de plomberie indispensable offert en grande partie par l’APC. Les volontaires se sont scindés par groupe dont chacun prend en charge une des 14 sources qui nécessitent curage et entretien pendant que d’autres groupes s’attèlent à la réparation des conduites de transport, soit en remplaçant les longueurs souterraines par des tuyaux en PEHD ou en réparant celles dites en clair posées directement en plein air non recouvertes qui présentaient de nombreuses avaries. Rencontré sur les lieux, le président de l’APC d’Aghbalou, nous apprendra que 2 puits aux débits importants à proximité du village sont aussi inclus dans cette opération de volontariat «spéciale AEP» et bénéficieront de curage et rénovation pour renforcer le débit des captages des sources, ces deux ouvrages ont été réalisés dans le cadre des projets sectoriels précise-t-il. Sur le volet technique, l’opération est supervisée par un ingénieur hydrogéologue, qui table sur un volume global de 13 litres à la seconde pour une couverture située entre 40 à 50% des besoins du village une fois l’opération menée à terme, un village de 12 000 habitants pour rappel et c’est loin d’être une mince affaire, il nous explique que les travaux n’ont pas été lancés à l’aveuglette mais ont fait l’objet d’une étude technique selon les normes et que pour chaque source il a été dressé une fiche technique dans les règles. Les organisateurs reconnaissables à leurs yeux ternes rougis par l’effort considérable qu’ils fournissent se font obéir sans discussion et démontrent des capacités de mobilisation admirables sinon impressionnantes sachant qu’ils sont déjà au 3e week-end de volontariat et que le nombre des participants augmente progressivement des 200 bénévoles de la première opération, il dépasse les 800 à l’heure actuelle et ne comptent s’arrêter qu’une fois arrivé au village. Le comité qui affiche sa pleine satisfaction évoque la présence parmi les volontaires de hauts cadres de l’Etat, des médecins, des universitaires et des chômeurs soit les diverses couches sociales sont présentes et forment une communauté soudée. Les quelques fétards qui n’ont pas rejoint les volontaires ont compensé leur absence en offrant un couscous garni cela en parallèle aux dons de matières alimentaires des commerçants, ce qui a donné à cette activité un air de fête mais aussi une démonstration de force, de capacité de mobilisation et d’organisation qui doivent donner à réfléchir aux pouvoirs publics. Notons enfin pour conclure qu’un entrepreneur qui intervient sur le projet du gaz de ville de cette commune a mis à la disposition du comité d’organisation et sans contrepartie, un bulldozer pour l’aménagement de l’ancienne piste qui permettrait un accès facile aux sources captées à l’avenir en cas de nécessité.
Oulaid Soualah

