Cette réticence populaire se justifierait sans doute par les événements difficiles qu’a vécus la région et qui ont lassé la population, et les erreurs répétitives commises par les représentants politiques locaux. Pour cause, il aura fallu plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour trouver des volontaires afin de compléter les listes de candidats. Excepté les têtes de listes qui sont choisis à l’avances, aucun critère n’est vraiment exigé pour les autres candidats. Les militants politiques ont même fait appel à des personnes étrangères à leurs partis, parfois même à des personnes connues pour leur opposition à leur ligne politique ! Par ailleurs, la nouveauté pour le rendez-vous électoral du 24 novembre de cette année, c’est que les partis traditionnels, à savoir le FFS et le RCD ne sont plus les seuls à se disputer les sièges de l’APC, le RND est perçu par les observateurs locaux comme un farouche concurrent capable de créer la surprise. Le parti d’Ouyahia, à en croire les responsables locaux, compte plus de 300 militants et militantes et mène une campagne de proximité quasi-quotidienne. Le tête de liste de ce parti est M. Bouhaddi Mohamed. A préciser que les bureaux du FFS et du RCD qui ont été incendiés pendant les événements de Kabylie n’ont été refaits qu’à l’occasion de ces élections. Contrairement au RCD, les militants du parti d’Aït Ahmed ont commencé la préparation pour ces élections depuis bien longtemps et ne comptent pas laisser leurs rivaux politiques, prendre l’assemblée municipale qui leur a toujours été acquise. Ce travail a été mené particulièrement par le tête de liste de ce parti, M. Mesbah A. Ouahab, en l’occurrence. Au moment où l’opinion locale s’attendait à une alliance, du moins au niveau local, du FFS et du RCD, le bureau communal du parti de Saïd Sadi affiche sa volonté de prendre part à ce rendez-vous et confectionne une liste qui sera rejetée à cause du retard effectué pour son dépôt. A ces deux partis, on rajoutera une liste du FLN guidée par M. Benmimoun Athmane, et des indépendants, à leur tête M. Haddad Hamid. Enfin, ce bouhaha politique n’intéresse en fait point les citoyens qui ont particulièrement souffert ces dernières années à cause de l’absence d’une assemblée communale. Depuis le rejet des dernières élections municipales, ils ne savent plus à quel saint se vouer pour se faire entendre. La commune a enregistré un retard monumental en matière de développement local avec la fuite du peu d’investisseurs dont elle disposait. L’exode rural y est galopant au regard des multiples problèmes que rencontrent les villageois, comme la fermeture des écoles, le manque d’eau potable, la dégradation avancée des piste automobiles, l’absence de transport, le chômage, etc.
K. Kherbouche
