Beaucoup de citoyens de Béni Maouche, notamment les jeunes alléchés par les services de l’Internet souhaitent avoir le téléphone fixe chez eux, mais l’espoir finit toujours en une illusion perdue. Et c’est le cas de Bekkouche Omar, un citoyen de cette commune qui dit avoir payé l’Actel d’Akbou depuis plus de 2 ans pour avoir un branchement téléphonique. «J’ai fait une demande depuis que la téléphonie fixe a fait son entrée à Béni Maouche et ce, pour avoir le téléphone chez moi et, bien évidemment, l’Internet. J’ai galéré pendant des années pour que l’Actel se décide en 2009 à me convoquer pour payer le branchement d’une ligne téléphonique. Le hic, j’ai payé la ligne, on m’a même attribué un numéro de téléphone mais on est en 2012 et je subi toujours cette galère car le téléphone n’a jamais sonné chez moi du fait qu’à présent, les agents de l’Actel ne sont pas venus l’installer. A chaque que fois que je les relance en me présentant à leurs services, on me promet une installation dans les 15 jours qui suivent, des promesses qui ne sont jamais suivies d’effet», se révolte Bekkouche Omar, en homme dépité. Et il enchaine : «Ce qui est incompréhensible, les préposés au guichet encaissent de l’argent et rassurent le client que le téléphone lui sera installé quelques jours seulement après le payement. La réalité est tout autre. Le client doit prendre son mal en patience et doit souvent attendre plusieurs années, pour ne pas dire l’éternité. L’agence commerciale d’Algérie Télécom est d’ailleurs souvent submergée par les plaignants, lesquels n’arrivent plus à digérer les fausses promesses». Notre interlocuteur ajoute que quand la téléphonie fixe est arrivée à Béni Maouche en 1998, les agents de l’Actel sillonnent les rues de la ville invitant les gens qui veulent avoir une ligne téléphonique fixe afin de bénéficier de l’Internet, à se rapprocher de leur agence pour formuler des demandes qui seront satisfaites aussitôt, malheureusement ce n’est que «de la publicité mensongère». Consulté à cet effet, un responsable au niveau de l’Actel d’Akbou dira que les équipements de cette entreprise au niveau de la commune de Béni Maouche sont saturés et qu’il est techniquement quasi impossible d’avoir de nouveaux clients pour le moment. «Il est vrai que M. Bekkouche a versé 2 000,00 DA en 2009 pour avoir le téléphone fixe chez lui. Il nous a parlé d’une boite de dérivation située à proximité de sa demeure, ce qui est faisable. Mais quand notre agent s’est déplacé sur place, on a trouvé d’abord qu’il est quasiment impossible de le raccorder à cette boite et ensuite qu’il est situé dans un quartier isolé très éloigné du central. Ce qui lui reste à faire, c’est de se rapprocher de nos services pour se faire rembourser», a précisé ce responsable. Au niveau du service technique de la même agence, c’était un autre son de cloche. Un gradé a laissé même entendre avoir pris en main le dossier de M. Bekkouche et qu’il étudierait toutes les possibilités pour lui installer le téléphone. «Notre client habite un quartier isolé où seul le centre de formation, en tant qu’organisme public, a bénéficié d’une ligne téléphonique ramenée sur une distance de plus de 600 mètres. Nous avons reçu tout récemment M. Bekkouche et nous lui avons expliqué que nous allons étudier toutes les possibilités pour lui installer le téléphone. C’est juste une question de jours», a-t-il dit. Les chanceux qui ont pu obtenir des lignes téléphonique chez eux se plaignent aussi de la mauvaise prestation de service concernant surtout l’Internet. Beaucoup se plaignent des coupures et pannes récurrentes, outre la lenteur de la connexion. Quant aux jeunes des villages de la commune de Béni Maouche, ils continuent à aller au chef-lieu pour surfer sur la toile car aucune de ces bourgades n’est programmée pour avoir un réseau téléphonique fixe, a-t-on appris. Imaginons un investisseur qui viendrait investir dans la région de Béni Maouche ; l’agence Actel d’Akbou mettra-t-elle autant de temps pour lui accorder une ligne téléphonique ? Dans ce cas, Cet investisseur ira sûrement s’installer là où les conditions d’accueil sont vraiment meilleures.
L. Beddar

