Un gigantesque incendie, qui a pris naissance dans les vastes forêts d’Ighil Igueni, ce jeudi après-midi vers 16h, s’est rapidement propagé dans tous les sens, plongeant de nouveau le tout Saharidj, et les villages qui l’entourent, dans une fournaise infernale.
La densité du brasier s’explique par le fait que le tissu végétal qui a pris feu est une forêt bien fournie, composé d’arbustes de pin d’Alep, de chêne vert et d’une riche variété de buissons touffus. En moins de trois heures, 20 hectares de flore ont été réduits en cendre malgré l’intervention des sapeurs pompiers qui ont dû,; seuls cette fois, faire face aux flammes, les lieux du sinistre étant en plein forêt, éloignés des centres habités et réputés être un abris traditionnel des groupes armés, d’où l’hésitation des citoyens à s’aventurer en ces lieux pour prêter main forte aux éléments de la protection civile. La saison estivale débute d’une façon plutôt peu rassurante sur ce volet des incendies qui ont démarré beaucoup plus tôt que d’habitude. Il faut dire que le feu de jeudi dernier s’ajoute à une bonne douzaine, le troisième dans la commune de Saharidj, que les pompiers ont dû affronter en divers endroits à travers le territoire de la daïra de M’Chedallah depuis la deuxième quinzaine du mois de juin, faisant d’importants dégâts tant sur le tissu forestier que sur les terrains agricoles. Le syndrome d’un été infernal refait, ainsi, de nouveau surface, et de plus, ni les pompiers, ni les forestiers, ne sont suffisamment équipés pour intervenir efficacement sur les 40. 000 hectares de foret vierge que compte la wilaya. L’unité de la protection civile de M’Chedallah n’est équipée que d’un seul camion citerne, qui n’est même pas du genre tout terrain, ne pouvant atteindre que les endroit carrossables, ce qui est loin d’être le cas dans la région de M’Chedallah où la plupart des pistes ont subi d’importantes dégradations. Les ingrédients d’une nouvelle catastrophe écologique sont réunis et menacent sérieusement la région, à moins d’une nouvelle dotation en moyens humains et matériels des organismes chargés de la lutte anti-incendies, en parallèle d’un plan ORSEC, qui pourrait parer à toute éventualité.
Une première décision, qui consiste à interdire l’incinération des déchets ménagers au niveau des décharges et des dépotoirs non aménagés et protégés, doit être élaborée sachant que pas moins de 4 incendies ont eu pour origine un débordement à partir de ce genre de décharges.
Oulaid Soualah
