On croyait que notre culture et nos traditions spirituelles et morales protégeaient les enfants des violences et atteintes qui, dans d’autres pays, font la Une des journaux. Les abus sexuels sur les mineurs, s’ils existaient, étaient exceptionnels et ne pouvaient être que le fait de dépravés, voire de déments. Et voilà que l’on découvre que les violences sexuelles sur les enfants sont non seulement courantes (plus de mille victimes depuis le début de l’année), mais que leur nombre est en constante croissance. Cette réalité a été dévoilée lors de la journée d’études organisée la semaine dernière, par le réseau Wassila, qui a déjà organisé une journée similaire en 2003. A l’époque déjà, il avait tiré la sonnette d’alarme et, depuis, la situation a empiré. Le plus inquiétant est que les violences se produisent, dans un grand nombre de cas, dans le milieu familial ou l’école, lieux censés protéger l’enfant. Le plus scandaleux est que des crimes soient commis par des proches, parfois des ascendants, ou des enseignants, auxquels les parents ont confié leurs enfants. Le nombre d’un millier de victimes recensées est certainement en deçà de la réalité, la loi du silence, pour protéger les coupables jouant dans de nombreux cas. Ce fléau qui, en plus des dommages physiques qu’il cause à l’enfant, provoque des troubles psychiques qui peuvent, s’ils ne sont pas définitifs, mettre plusieurs années à guérir. Il revient, aux personnes en contact avec les enfants, en premier les parents mais aussi les éducateurs, de les surveiller et de prendre au sérieux tout changement dans leur comportement, des conduites insolites étant souvent le signe d’une maItraitance. lI faut surtout écouter les enfants et prendre au sérieux leur parole. Quant à la législation, elle doit renforcer l’arsenaI des peines contre les pédophiles.
S. Aït Larba
