“Le spectacle de Tizi restera dans les mémoires”

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Qui est-ce ?

Aït Menguellet, Khaled, Baâziz, Takfarinas… pour ne citer que ceux-là chacun d’eux a reconnu et reconnaît en lui, non seulement un professionnel des plus aiguisés, de l’organisation et du management, mais surtout un homme d’une droiture et d’une fidélité jamais prises en défaut.Ceux qui le côtoient disent qu’il a un âge qu’il ne parait pas, celui de ses enthousiasmes, de ses étonnements, de son inguérissable respect de l’autre. Cet « entrepreneur en série », comme l’a pertinemment qualifié un magazine économique, s’entête à s’illustrer sur tous les fronts. Avant de côtoyer le monde de l’Art, il a tenu à exceller dans son domaine, antiquaire de renommée européenne, il s’est fait un plaisir de ravir aux plus grands antiquaires la Médaille d’Argent à la Foire Internationale de Paris. Les antiquités, c’est noble et grand, mais pas suffisant. Son plus grand Art, c’est son cœur. Celui qu’on appelle, aujourd’hui, « l’Homme solidarité » a multiplié des expériences aussi riches que variées. On se souvient de lui comme l’initiateur de maints projets socio humanitaires, comme l’électrification et la construction des châteaux d’eau de Barbacha, l’insuline pour l’Algérie, le scanner pour l’hôpital de Tizi-Ouzou, « la conduite accompagnée » où il a fait visiter l’Algérie à de jeunes Français et émigrés, la restauration de l’École des Beaux Arts d’Azazga et la liste n’est pas exhaustive… Mais au-delà de l’essence même de ces actes d’entraide et de solidarité c’est leur pouvoir de concrétiser l’union et la fraternité qui l’intéressent. Il préfère accompagner qu’aider, il préfère l’entente à l’explication. Il n’aime pas les qualificatifs pompeux, alors on va s’y risquer. Tous ceux qui le connaissent et ceux qui travaillent avec lui en témoignent : Salah Bekka est un humaniste engagé. Un humaniste se reconnaît, aujourd’hui, par son engagement dans l’action pour défendre les valeurs éthiques. Normal, sa fidélité n’a d’égal que le besoin qu’il a de respecter. Mais attention, son humour, son rire, sa voix pleine de chaleur, son écoute, son regard fertile ne cachent pas sa rigueur et ses exigences. Il croit qu’à tout âge chacun peut se responsabiliser pour créer des communications vivantes, humaines et constructives. Ce réservoir de ressources est un cas d’école pour aider à se construire, à être capables de positionnements et de responsabilisations. Cet homme qui n’est même pas une « ceinture blanche » du verbiage ambiant a quand même voulu nous donner quelques unes de ses impressions..

A. A.

La Dépêche de Kabylie : D’Aït Menguellet à Takfarinas, en passant par Khaled et Baaziz, on ne peut pas dire que vous faites dans la « dentelle » artistique…

Salah Bekka : (Sourire)…..Non, effectivement, ce sont de grosses cylindrées de la chanson algérienne. Chacune de ces rencontres a été le fruit d’un heureux concours de circonstance. A la source d’une relation de travail, il y avait d’abord des atomes crochus que j’ai partagés avec chacun de ces artistes. Je n’ai jamais sollicité qui que ce soit; cela a toujours été une affaire de hasard. Un hasard qui m’a fait rencontrer des Femmes et des Hommes qui ont augmenté mon capital expérience dans ce domaine. Pour revenir à votre question, deux critères sont pour moi décisifs. Le premier, ce sont les qualités intrinsèques de l’homme. Ensuite viennent le désir et la volonté voire l’ambition d’approcher du plus haut degré du professionnalisme artistique. Ces quatre artistes allient ces deux critères d’une façon admirable.

Ça ne doit pas être une sinécure de « manager » de tels artistes ?

Quand on travaille avec des professionnels qui ont le sens du détail et le respect de leur Art, les efforts à fournir pour les satisfaire sont certes considérables, mais la satisfaction que procure le résultat vaut la chandelle. Il n’y a pas de schéma unique. Chaque artiste a ses exigences auxquelles j’essaie d’adhérer le plus possible, mais tous adhérent aux miennes. C’est cela l’osmose qui génère l’efficacité. Travailler avec Ait Menguellet, Khaled, Baaziz ou Takfarinas est un enrichissement humain indéniable. Chacun d’eux est une planète à part entière. Des univers différents, des mentalités, donc des méthodes d’approche et de travail nécessairement différentes.

Vous êtes un organisateur professionnel reconnu, donc exigeant, à tel point que ça devient presque un reproche….

Aujourd’hui, dans tous les domaines, pour réussir, il n’y a pas de recette miracle. Il faut être dopé de combativité et de soif de réussir ce qu’on entreprend. Fini le temps du manager ou de l’organisateur, le doigt sur la couture qui donne des ordres de son bureau. Un bon organisateur, est en même temps capitaine et soldat. S’il doit placer la compétence comme une grande qualité il doit aussi privilégier les qualités humaines.

Vous qui vivez et travaillez en France, vous retrouvez-vous en tant qu’organisateur en Algérie ?

Cela fait 21 ans que je travaille dans mon pays, donc on ne peut pas dire que je ne m’y retrouve pas. Cela dit, nous sommes dans des critères complètement différents. Ne soyons pas hypocrites, en Europe, le sens du détail est poussé à ses extrémités. Etre pointilleux là-bas n’est pas un luxe, mais une obligation.

Et en Algérie ?

(Sourire)… Je vais vous décevoir parce que vous vous attendez à ce que je dénigre l’organisation en Algérie. Comme je vous l’ai dit, ce sont d’autres critères, d’autres approches. Deux choses, principalement, me font aimer le travail en Algérie. D’abord le côté humain et convivial du relationnel. On est loin de la froideur technique des Européens et, ensuite, cette soif d’évoluer et de rivaliser avec les meilleurs, qui caractérise tous ceux avec qui j’ai eu le plaisir de travailler. J’ai beaucoup appris à leurs côtés parce qu’ils savent mieux que quiconque que s’adapter n’est pas évoluer.

Vous attachez une importance capitale à la communication…..

A l’heure du village planétaire, il me parait suicidaire de vivre hors communication. Cela s’appellerait de l’ermitage. Et là je peux dire que malgré les moyens humains et techniques dont dispose l’Algérie, il n’est pas donné l’importance qu’elle mérite à la médiatisation des manifestations culturelles, en particulier, et de l’événementiel en général.

Un artiste dont la carrière est connue et reconnue n’a plus rien à prouver, s’il se produit dans une salle vide, c’est que son public n’a pas été informé. Que dire alors d’un artiste à promouvoir ? De ce côté il y a un réel malaise.

Vous êtes en pleine tournée avec Takfarinas……

Une tournée qui a commencé par un spectacle qui restera longtemps dans les mémoires, c’est celui qui a eu lieu à Tizi-Ouzou. Nous avons vu une organisation sans faille, un accueil chaleureux, un public à la hauteur de l’événement…en un mot, c’était grandiose.

La réussite de cet événement ne s’est pas faite par hasard.

Il y avait un homme et toute une équipe, et il me presse de remercier chaleureusement Monsieur Ould Ali L’hadi et toute son équipe pour leur professionnalisme, leur disponibilité et leur convivialité.

Il y a aussi les concerts du Casif et de l’Atlas à Alger……

Un bonheur ne venant jamais seul, Takfarinas a enchaîné effectivement avec deux concerts qui se sont merveilleusement bien passés. Tous les travailleurs de l’ONCI, à leur tête le Directeur Général M Bentorki et Madame Nacera ont été à notre écoute pour faire de ces dates des fêtes féeriques.

Qu’ils trouvent ici toute ma gratitude et mon total respect sachant le volume de travail auquel ils font face.

Takfarinas, terminera sa tournée aujourd’hui à Béjaïa….

Et j’espère que ce sera une réussite, d’autant plus que les autorités de la ville, à leur tête Monsieur le wali et le Président de l’APC n’ont lésiné sur aucun moyen.

Entretien réalisé par A. A.

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