Saharidj Premières retombées des gigantesques incendies – La RN30 fermée à cause des chutes de pierres

La série d’incendies qui a ravagé durant toute la période du Ramadhan la partie boisée du massif Sud Ouest de Lala Khadidja n’a pas été sans conséquences.

Celle-ci a fragilisé la partie rocheuse sur laquelle les flammes ont agi comme un four dès que le processus de refroidissement de la roche s’est enclenché avec l’apparition de terrifiantes craquelures, des pans entiers de rochers ont commencé à se détacher et produire sur leur passage d’impressionnantes avalanches de galets qu’ils entraînent dans leur chute, un terrifiant mouvement géologique, cause de la catastrophique série d’incendies et la disparition des cédraies et autres pins noirs millénaires qui ont servi d’encadrement et de consolidation avec leurs énormes racines qui stoppaient la forte érosion sur ces hauteurs, de grosses racines à moitié recouvertes qui zigzaguent entre les rochers et qui ont servi de combustible qui ont achevé de brûler la base de la roche, créant ainsi des poches vides sous l’énorme masse du granit fissuré. D’où ces chutes spectaculaires qui ont failli écraser plusieurs véhicules sur la RN30, ce qui a amené les services des travaux publics à décider de sa fermeture par mesure de sécurité cela depuis jeudi passé un danger qui persisterait, faut-il le souligner, jusqu’à la fin de l’hiver prochain. La même menace plane aussi sur le village Imesdhourar dans la commune de Saharidj. Un village implanté à la base de ce massif fragilisé par la chaleur, dont des rochers pesant des centaines de tonnes qui surplombent ce village et qui ne tiennent encore en équilibre que par miracle mais que la moindre secousse tellurique ou une violente tempête jetterait directement sur les dernières maisons sur lesquelles les menaçants rochers tomberaient en chute libre. Dans tout autre pays soucieux de la sécurité de la population, ce cas relaté aurait provoqué une alerte générale et un branle-bas de combat de la part des pouvoir publics. Ne serait-ce que pour évacuer les occupants des maisons directement menacées. Hélas ! C’est loin d’être le cas, le cris de détresse d’Imesdhourar, qui ont même tenté un mouvement de protestation la veille de l’Aïd, ne semble préoccuper aucun officiel. Peut-être attend-on que ne se produise l’irréparable pour se décider enfin à réagir alors que des équipes de géologues et autres spécialistes de la nature et ses imprévisibles réactions auraient du être déjà sur le terrain pour dresser un état des lieux, qui permettrait aux gestionnaires de la chose publique de prendre les dispositions nécessaires et palier à toute éventualité. En attendant que les services étatiques les plus concernés sortent de leur torpeur et réagissent, Imesdhourar et la RN30 continueront à subir les convulsions d’une montagne blessée à mort par des mains criminelles.

Les animaux sauvages fuient la forêt pour la plaine

Les répercussions spectaculaires des innombrables feux de forêts commencent à se manifester en chaîne de manière inquiétante et dangereuse pour quelques cas. En effet, après les impressionnants éboulements de rochers calcinés et effrités par les infernales braises qui ont réduit en cendres le tissu végétal peuplant les pourtours de la chaîne montagneuse du Djurdjura, des températures qui ont à plusieurs reprises franchi la barre de 50° à l’ombre durant le ramadhan, mettant à rude épreuve les jeûneurs qui sont nombreux à se retrouver aux urgences de l’EPH après la rupture du jeun au même titre que les nourrissons et les personnes âgées, la répercussion négative suivante est le phénomène d’un déplacement généralisé des bêtes sauvages qui peuplaient ce couvert vert du Djurdjura, chassées par le feu qui a transformé les légendaires espaces paradisiaques en…charbon noir. Des espaces qui ont résisté même au napalm et aux bombes incendiaires que larguaient sous forme de tapis les bombardiers B26 des forces coloniales, notamment durant les opérations Bigeard et jumelles. Donc chassés de leur milieu naturel, ces pauvres bêtes se sont rabattues sur les terrains agricoles miraculeusement ou bizarrement épargnés par les flammes. Des terrains en majorité proches des agglomérations et centres habités au niveau desquels les animaux sauvages errent comme des âmes en peine à la recherche d’une pitance qu’ils ne trouvent pas. Les moins résistantes de ces malheureuses bêtes qui égayaient nos montagnes finiront sûrement par mourir de faim et de soif dans ce nouveau milieu hostile composé de terrains nus pour des bêtes habituées à évoluer à couvert dans les forêts, où elles se sentaient en sécurité. Cependant, les animaux qui défrayent la chronique dans plusieurs villages sont ceux qui vivent en groupe dont le déplacement ne peut pas se faire dans la discrétion, tel que les colonnes de singes ou les hordes de sangliers qui de plus, commettent des ravages dans les cultures durant leur déplacement. A Ath Illithen, Imesdhourar, Ivelvaren, Iwakouren, Selloum et Takerboust des citoyens nous font part de la présence de colonnes de singes dans les vergers et qui font même des incursions à l’intérieur des villages en plein jour. Du côté de Semmach, M’laoua, Ahnif et Ath Mansour ainsi que l’ensemble des plaines de M’Chedallah, ce sont des hordes de sangliers qui pullulent et s’attaquent néanmoins aux cultures. Dans ces mêmes plaines où cette année la culture des maraîchers s’est généralisée sur de vastes étendues, c’est une autre espèce d’animaux sauvages qui les ont infestés. Les chacals en l’occurrence et à moindre degré des porcs-épics en ciblant particulièrement les champs de pastèques, melons et tomates qu’ils affectionnent le plus et sur lesquels ils commettent des dégâts. De nombreux agriculteurs affirment que leur nombre a subitement augmenté après de nouveaux…arrivages, au point de rivaliser avec les hordes de chiens errants. Rappelons enfin que ces incendies catastrophiques et…à longue durée ont été aussi à l’origine de la chute de tension électrique qui s’est, elle aussi généralisée. Le phénomène s’explique par une subite surconsommation à laquelle Sonelgaz ne s’attendait pas ni ne s’est préparée. L’origine de cette surconsommation reste bien entendu une augmentation à la limite du supportable de la chaleur, qui a provoqué une véritable ruée sur les climatiseurs qui par un incroyable concours de circonstances ont inondé le commerce dans la région cette année, à des prix qui restent à portée de la majorité des bourses. Ce sont là les quelques premières retombées des incendies en attendant la suite tel que l’érosion en hiver et la désertification de la Kabylie dans un proche avenir.

Oulaid Soualah