Wali – maire de Chemini le bras de fer !

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Le bras de fer entre le wali de Béjaïa et le maire de Chemini au sujet du projet de réalisation d’une station électrique 400-220 kV est loin de connaître son épilogue. Dimanche dernier au soir, l’édile de Chemini a publié un post sur sa page Facebook, accusant le wali d’avoir foulé au pied les lois de la République : «Le Wali de Béjaïa vient de transgresser les lois fondamentales d’urbanisme par le fait d’octroyer aujourd’hui (dimanche, ndlr), un permis de construire à la station électrique 400-220 après avoir atteint 70% d’avancement des travaux (sic)», a-t-il dénoncé, tout en précisant que la réglementation en vigueur exige que «le permis de construire soit un préalable avant d’entamer une quelconque démarche».

Dans la même publication, Madjid Ouddak rappelle : «La station a vu le jour en 2014 après avoir été chassée par la population de Chellata», reprochant au wali de vouloir «passer par un coup de force en faisant abstraction de toutes les lois de la République pour imposer son diktat». Pour lui, «il (le wali, ndlr) se trompe de régions, de temps et de personnes». «La population de Chemini va vous répondre par sa grande mobilisation», a-t-il conclu. Le maire de Chemini met ainsi en garde le wali de Béjaïa, Ahmed Maâbed, contre d’éventuelles retombées au cas où les travaux de réalisation de la station électrique 400-220 kV seraient relancés sans le consentement des habitants de la région et de l’exécutif communal.

La semaine dernière, Ahmed Maâbed a formellement démenti les allégations du maire de Chemini, selon lesquelles le tribunal administratif de Béjaïa aurait annulé l’arrêté du premier magistrat de la wilaya, par lequel il avait invalidé l’arrêté municipal de l’APC de Chemini, ordonnant l’arrêt des travaux du projet de réalisation du poste électrique 400/220 kV.

Dans sa réponse au maire de Chemin, le wali de Béjaïa a précisé que «le tribunal administratif n’a pas annulé l’arrêté de Monsieur le wali, mais il a plutôt rejeté la demande de la commune qui sollicitait son annulation, et ce par le jugement rendu le 26 novembre 2019». Il importe de rappeler que l’édile de Chemini, M. Madjid Oudek, avait annoncé, la semaine dernière, sur les ondes de la Radio locale que le tribunal administratif avait prononcé l’annulation de l’arrêté du wali, tout en soulignant que l’arrêté municipal demeure par conséquent en vigueur. Par ailleurs, le wali de Béjaïa a tenu à préciser que ce projet de réalisation d’une station électrique 400/220 Kv au niveau de la commune de Chemini, relevant de la daïra éponyme, «revêt un caractère stratégique, d’intérêt général et d’envergure nationale».

«Ce projet, a-t-il insisté, est déclaré d’utilité publique par décret exécutif n° 13-268 du 21/07/2013». En outre, le premier responsable de la wilaya a expliqué que cette station électrique, pour laquelle l’État a alloué une enveloppe financière conséquente de l’ordre de 800 milliards, permettra, une fois mise en service, «de sécuriser la région de Béjaïa, Tizi Ouzou et Bouira en matière d’alimentation en énergie électrique». Cela se fera, ajoute le wali de Béjaïa, «grâce à une interconnexion des centrales électriques de Cap Djinet (Boumerdès) et Aïn Arnat (Sétif) avec l’interconnexion du Centre et de l’Est».

F. A. B.

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