Les habitants de la région de Yakouren, une municipalité située à 50 Km à l’est du chef-lieu de la Wilaya de Tizi-ouzou, sont confrontés quotidiennement et depuis plusieurs années déjà au dictat des délinquants qui sévissent au vu et au su de tous, dans une impunité totale en raison de l’absence d’agents de l’ordre public. En effet, selon plusieurs habitants que nous avons interrogés, la recrudescence des actes de violence serait un résultat logique à l’absence des forces de police, une situation qui perdure et rend la vie plus dure, depuis les événements du printemps noir en 2001, ce qui a engendré avec le temps un climat d’insécurité total. « Les gens ne se sont plus en sécurité même chez eux, ils ont peur d’être agressés ou de voir leurs maisons cambriolées », a déclaré un habitant de la région, vraisemblablement inquiet. Pis encore, en l’absence des forces de police, certains délinquants ont fait des institutions de l’Etat leurs cibles. Mercredi passé vers 14 heures, deux individus, un squatteur de logement social et un délinquant sont entrés de force au siège de la commune où ils ont demandé à voir le maire. Lorsqu’on leur a dit que le P/APC n’était pas dans son bureau, ces deux personnes se sont mis à menacer et insulter les employés et une panique générale s’est emparé du personnel. Fort heureusement, le pire a été évité grâce notamment à l’intervention courageuse et rapide des présents. Suite à ces faits, les travailleurs de cette commune ont observé dans la matinée de Jeudi une demi-journée de grève pour protester contre le climat d’insécurité mais aussi, pour exiger des autorités concernées la mise en place de moyens humains pour empêcher ce genre d’incident dans l’avenir. Il est à signaler que le chef-lieu communal de cette municipalité jadis considérée comme une ville touristique, a perdu beaucoup de son charme à la faveur d’une anarchie caractérisée par les stationnements anarchiques, le squat des trottoirs par les vendeurs ambulants et la multiplication des actes de vandalismes, ce qui laisse penser que la prochaine assemblée qui siégera aura la lourde tâche de faire régner la loi, car de nos jours, dans cette région, les lois ne font plus les hommes mais quelques hommes font leurs lois.
R. A.
