En grève illimitée depuis le 10 juillet dernier, les travailleurs de l’entreprise Leader Meuble Taboukert (ex ENATB) sise dans la commune de Tizi Rached à une vingtaine de kilomètres du chef-lieu de Tizi-Ouzou, devront reprendre le travail ce matin.
«Après 48 jours de grève marquée par de nombreuse manifestations de rue, notre combat a finalement abouti. Notre principale revendication, à savoir la dissolution de la section syndicale et du comité de participation de notre entreprise, a été entièrement satisfaite. Nous venons de recevoir les deux notifications. La première émane de l’Union locale UGTA concernant la dissolution de la section syndicale de Leader meuble et la seconde concerne la dissolution du comité de participation signée par le PDG de l’entreprise. Je vous confirme la fin de la grève et les travailleurs vont reprendre leur poste dés demain mercredi (aujourd’hui ndlr) », nous a confié un travailleur gréviste, hier après-midi au téléphone. « Concernant les autres revendications d’ordre socioprofessionnelles, c’est à la nouvelle section syndicale qui sortira des urnes de mener les négociations avec la direction dans la sérénité », a ajouté notre interlocuteur. Le dénouement de ce conflit intervient donc suite à la décision de dissolution de la section syndicale de Leader Meuble prise hier par l’Union locale UGTA suivie juste après par celle du comité de participation décidée par la direction générale de l’entreprise, les deux principales revendications des travailleurs en grève depuis le 15 juillet dernier. Considérée comme l’une des parties les plus influentes dans ce conflit, l’Union locale UGTA Aissat Idir de la zone industrielle de Oued Aïssi, a rendu public, hier, un communiqué à l’issue d’un conseil extraordinaire tenu le jour même : « L’UGTA de la wilaya de Tizi-Ouzou, instance avant-gardiste de lutte contre toutes formes d’insuffisances et acteur actif contre la régression économique et sociale et contre le chômage endémique dans notre wilaya, estime que Leader Meuble Taboukert, label inégalable dans le domaine de transformation du bois, abri social de plus de 400 salariés, créatrice de richesses et pourvoyeur de recettes fiscales au profit de la municipalité de Tizi Rached, ne doit pas mourir pour une question de représentation syndicale », lit-on dans la déclaration de l’Union locale UGTA, signée par son secrétaire général, Chabane Ramdane. Raison pour laquelle, ajoute ladite déclaration, « le Conseil de l’Union locale proclame, dans l’intérêt des travailleurs et de l’entreprise, la dissolution de la section syndicale avec effet immédiat à partir de ce jour 28/08/2012 dans la perspective de reprise de l’activité et le renouvellement de la section syndicale ». Dans sa longue déclaration, l’Union locale UGTA, pointée du doigt par les gréviste pour avoir, selon eux, pris position en faveur de la section syndicale de Leader Meuble, est revenue avec détails sur le genèse du conflit tout en affirmant que « les instances de l’UGTA, engagées dans la logique de règlement du conflit, ont pris une mesure conservatoire de suspension de toute activité syndicale au niveau de l’entreprise en assemblée générale du 16 août 2012 jusqu’à la tenue du vote de défiance tel que prévu par les disposition de l’article 85 du règlement intérieur ».
La déclaration n’a pas omis de signaler également que le président du Groupe Wood Manifacture, dont dépend Leader Meuble a répondu favorablement durant ladite AG « à bon nombre de revendication d’ordre socioprofessionnel ». L’Union locale UGTA n’a pas hésité dans sa déclaration à accuser les grévistes d’avoir décliné l’offre de sortie de crise prônée par l’UGTA et accepté celle de parties étrangères au conflit. « Les travailleurs protestataires ont décliné l’offre de sortie de crise prônée par l’UGTA, alors qu’aucune autre proposition ne leur a été faite ni par les étrangers à l’Entreprise, auto proclamés intermédiaires aux bons offices stériles, ni par les institutions territorialement concernées ».
A. C.

