Créée au temps de la colonisation française, la prestigieuse école de Trouna semble vivre les dernières heures de sa gloire après être arrivée au summum de la notoriété. Berceau de la science et havre de sérieux et d’abnégation, elle a vu défiler les figures les plus prestigieuses de l’enseignement élémentaire et elle a été fréquentée par des élèves qui ont brillamment réussis leur scolarité pour devenir médecins, avocats, huissiers, professeurs ou journalistes. Néanmoins, après avoir vécu une stabilité tant au niveau du corps pédagogique qu’au niveau du staff administratif, elle se retrouve ces dernières années ébranlée par le départ des enseignants et leur remplacement par les vacataires ainsi que par le défilé incessant au niveau de la direction de responsables plus que précaires. Actuellement tout porte à croire que le bricolage s’installe petit à petit et même les parents, jadis à cheval sur le sérieux et la discipline, assistent impuissants au massacre de générations d’élèves victimes des luttes intestines qui minent les relations entre le personnel éducateur. Outré par tant de laisser-aller, le président de l’association des parents d’élèves que nous avons rencontré nous a signalés que « le seuil de la bêtise est cette fois-ci franchi du moment que des personnes recrutées dans le cadre de l’emploi de jeunes et sans aucun lien avec l’enseignement prennent en charge les élèves qui n’ont pas de maître. » A titre d’exemple, les élèves de deuxième année, qui est une classe de réforme, sont sans enseignants depuis maintenent un mois et demi…et cela persiste jusqu’à aujourd’hui! Approché par nos soins pour connaître les causes de ce désastre, l’inspecteur de la circonscription de Beni Maouche dont le siège est de surcoît au sein de…cette école a désigné la tutelle comme auteur de tous les maux qui gangrènent cet établissement, mais en réalité, cet honorable monsieur n’est pas étranger à ce qui se passe, pour ne pas dire qu’il est la source de tous les problèmes dans lesquels patauge la prestigieuse école du moment qu’avant d’être chargé de l’inspection il est le directeur de cette école. Devant cet état de fait, l’association des parents d’élèves a saisi le wali, le D. E et les autorités locales pour les mettre en garde contre les tournures fâcheuses auxquelles peut aboutir la situation si le laisser-aller persiste et dont les seules victimes sont les quelque 300 bambins scolarisés au sein de cet établissement qui vogue au gré des vents.
A. M. A
