Un été plutôt humide

L’été s’annonce chaud et humide à Bouira. Le visiteur non averti et ne connaissant pas la région croirait que la grande bleue est à un jet de pierres de la ville, tellement l’humidité ambiante le fait dégouliner de sueur. Ce bouleversement climatique ne date que depuis l’année dernière. En effet cet état de fait est dû essentiellement aux trois grands barrages qui encerclent la ville : Oued Lekhel au sud-est, Koudiet Tasserdount à l’ouest et Tilessdit à l’est. Ces trois petites bleues ont enregistré cette année une pluviométrie exceptionnelle, voire jamais égalée. Chose qui a rendu l’air d’avantage humide. S’il est vrai que cette donne dans la région ne manquera pas de transformer l’environnement à l’avantage de la nature, il n’en demeure pas moins que les citoyens les plus vulnérables parmi les asthmatiques en pâtiraient. Par ailleurs, ces trois barrages sont, depuis une année et principalement depuis cet été, devenus des espaces d’évasion pour ceux et celles qui n’ont pas les moyens de se permettre une détente au bord de la mer. Ces citoyens et citoyennes de diverses régions de Bouira ne ratent aucun week-end pour y aller se rafraîchir. A oued Lekhel, ils y vont surtout pour taquiner le poisson. Poisson qui du reste finit rarement dans la poêle. C’est juste pour le plaisir de tenir une canne à pêches, les pieds dans l’eau. A Tilessdit, dans la région de Bechloul, où l’on attend incessamment un lâcher de carpes argentées, seules espèces adéquates pour oxygéner le lac, les citoyens pique-niquent le plus souvent en familles dans un décor champêtre, en profitant de la beauté du site. Il est vrai également que ces barrages soulagent énormément les agriculteurs car en plus du microclimat spécifique engendré par ces eaux qui s’avèrent bénéfiques pour de nombreuses cultures, l’irrigation des terres maraîchères est un plus pour les fellahs de la région.

B. B.