Quand on parle d’école, on parle surtout de programmes, pédagogie, de la formation des enseignants que l’on cherche toujours à améliorer. L’enfant, quand il est abordé, l’est toujours comme élève, jamais comme un enfant, c’est-à-dire un être qui est au début de la vie, avec tout ce que cela suppose comme fragilité, comme délicatesse et surtout comme vulnérabilité. Sait-on que les maîtres tortionnaires existent toujours, en dépit de la réglementation qui interdit les châtiments corporels ? Des dizaines d’enseignants et d’enseignantes frappent les enfants qui répondent ou lisent mal, d’autres enferment dans les placards ceux qui n’apprennent pas leur récitations, d’autres encore donnent des pensums, des centaines de phrases à recopier, jusqu’à avoir mal au poignet ! Des maîtres moins violents physiquement mais tout aussi sadiques, humilient les enfants devant leurs camarades… Cette pédagogie à la trique, qui a fait de nombreuses victimes, a souvent l’assentiment des directeurs, voire des parents, qui pensent, comme au temps de la « falaqa », qu’éduquer c’est redresser. Aux violences de l’écoles s’ajoutent parfois les violences du milieu familial, avec parfois (les Associations de protection de l’enfance ne cessent de tirer la sonnette d’alarme) des abus sexuels. Toutes ces violences ne sont pas sans effet sur les enfants qui en sont victimes : en plus des dommages physiques qu’elles causent, elles peuvent provoquer des troubles psychiques qui peuvent, s’ils ne sont pas définitifs, mettre plusieurs années à guérir.
S. Aït Larba
