Rien qu’une indemnité de 3000 DA par mois

Partager

Vingt quatre ans après le 5 octobre 88, les blessés et les parents des personnes mortes lors de ces évènements ne savent plus à quelle porte frapper pour obtenir leurs droits. Considérés comme « de simples accidentés du travail, leurs dossiers ont été confiés à la CNAS », explique Abdelaziz Yahaoui, président de l’association des victimes d’octobre 88, lors d’un point de presse qu’il animé hier au Centre de documentation en droits de l’homme, à Béjaïa, à l’occasion du 24ème anniversaire des évènements du 5 octobre 88. Les victimes de ces événements qui ont apporté la démocratie, le pluralisme syndical et d’autres libertés pour les citoyens, précise le conférencier, en sont encore en 2012, soit 24 ans après, à toucher la misérable somme de 3000 DA par mois. « Et pourtant, nous n’avons pas arrêté d’écrire et de saisir toutes les instances concernées pour obtenir notre indemnisation. Nous sommes ballottés entre le ministère de l’Intérieur et la wilaya sans que rien ne vienne soulager nos souffrances », a expliqué le président de l’association. Néanmoins, et toujours d’après l’orateur, un décret du ministère de l’Intérieur relatif à l’indemnisation des victimes d’octobre 88 aurait été signé en 2011, mais son application serait bloquée au niveau de la CNAS. Ce décret, précise le président de l’association des victimes d’octobre 88, prévoit l’alignement des pensions à la hauteur du SMIG actuel, soit 18 000 DA par mois, le versement de rappels pour les blessés, qui sont à Béjaïa au nombre de 17, ainsi que l’accord d’un capital décès pour les décédés, au nombre de 05 également à Béjaïa. Au cours de son intervention le conférencier a revendiqué « le statut de victimes de Tragédie nationale pour les victimes du 5 octobre 88, l’application sans délai du décret signé en 88 ainsi que l’attribution d’un local pour le siège de l’association. » Il a également exhorté les responsables à arrêter de traiter de « chahut de gamins » ces évènements qui ont coûté la vie à plusieurs dizaines d’Algériens.

B. Mouhoub

Partager