l Décapité d’une dizaine de têtes en moins de deux ans, le GSPC n’a point pour autant cessé d’afficher ses capacités de nuisance.Ses hordes de terroristes poursuivent, ici et là, une guerre meurtrière et tentent, depuis 14 ans, d’imposer leur dictat aux citoyens.Durant ce mois-ci, l’on dénombre plus de 20 morts et une cinquantaine de blessés dans les rangs des services de sécurité, au centre du pays. Bilan supérieur à celui enregistré l’an dernier dans la même contrée. A Boumerdès particulièrement, la violence islamiste est, chose paradoxale, allée crescendo juste après le référendum portant sur la paix et la réconciliation nationale.L’analyse des faits fait ressortir, en effet, que le gros des factions de la mouvance sanguinaire version GSPC demeure hostile à toute idée d’enterrer la hache de guerre.Les maquis sont de nouveau sous les feux de l’actualité sécuritaire. Au début d’octobre, l’on s’apesantissait sur “des contacts entre forces de sécurité et terroristes du GSPC”, dans les monts s’étendant de Djerah à Rabta — axe Amnal – Aomar. Mais moins de dix jours plus tard, une embuscade meurtrière y sera tendue aux forces combinées de sécurité. Bombes et mortiers de fabrication artisanale, actionnés à distance, vont causer encore 4 morts et une trentaine de blessés. Les unités de l’ANP/ qui ont à la faveur d’une riposte énergique, abattu 8 terroristes et capturé un autre, maintiennent une présence remarquable dans ces zones. “Les redditionnistes ne formeront qu’un petit groupe”, prévoient des Patriotes de la région. Mais jusque-là, ajoute l’un d’entre eux, nous avons l’impression que “la réconciliation nationale n’est qu’un coup d’épée dans l’eau”.Pendant quinze ans, il y a eu des redditions entraînées sous la pression des forces de sécurité. Celles nombreuses favorisées par la politique de concorde civile ont porté la division au sein des groupes armés.Ce constat est notamment établi, à l’est de Boumerdès et d’autres zones de Kabylie. Les discensions entre différentes sections sanguinaires ont pour théâtre les maquis de Djerrrah et Mizrana. Deux repentis ont été assassinés, pour l’exemple, entre juin et fin octobre 2005 par leurs anciens acolytes. La semaine passée, un autre redditionniste avait de justesse échappé à une mort certaine (voir nos précédentes éditions) à Benchoud.La dégradation de la situation sécuritaire — notamment ressentie par les villageois sans cesse rackettés, malmenés, sermonnés—, est telle que l’opinion ne croit plus à l’éventuelle repentance des tueurs. “Si l’on dit 15 ans ça suffit, il faut plutôt penser à une mobilisation générale contre les hordes criminelles de tout acabit”, estime un observateur local de la scène politico-sécuritaire. Notre interlocuteur établit nettement la différence entre un (quelconque) émir sanguinaire et un djoundi de l’ANP quel que soit son grade. Celui-ci meurt dans l’anonymat. Celui-là est auréolé de considération surtout lorsqu’il se rend aux autorités. Et pendant que les éléments des forces étatiques de sécurité sont étripés sous les bombes à Djerrah, Mizrana ou sur les hauteurs de Kadiria, des “émirs” du GSPC sont, eux, dans les bras de leurs maîtresses. Inévitablement, il faut un délai de moyenne ou courte durée pour toute repentance. Et surtout des textes réactualisant celle-ci dans le sens de la préservation des fondements de la République.
Salim Haddou
