Au village de Taourirt, dans la commune d’Ath Mansour, une famille de 06 membres vit dans la cave délabrée d’une mosquée vieille de 120 ans. On accède à cette cave par un escalier sommairement taillé dans la roche et l’ouverture qui sert de porte à la minuscule cave de 03/03m ressemble à s’y méprendre à l’entrée d’une caverne. La mosquée s’étant écroulée, il ne subsiste que cette cave dont la toiture est couverte de terre battue, ce qui laisse passer toute goutte de pluie qui tombe et inonde ainsi l’espace réduit que se partagent les six membres de cette famille. Dans cette ‘’oubliette’’, de terrifiantes fissures sur les 04 murs porteurs démontrent que le tout peut s’affaisser à tout moment. Une menace réelle qui pèse sur ces malheureux et qui risque de s’aggraver sans aucun doute durant le prochain hiver. Dans la pièce sombre dont les parois suintent d’humidité traînent quelques ustensiles et effets vestimentaires. Nulle trace de meubles, ce qui dénote de l’extrême précarité sociale des occupants des lieux. La plupart ont contracté des maladies chroniques très handicapantes. Le chef de famille, M Guessabi Meziane, traîne une sciatique qui le paralyse à moitié sa femme est atteinte d’un encéphale (maladie mentale) à 80%, la mère du chef de famille, âgée de 75 ans, est frappée de cécité (aveugle) et d’asthme. Des séquelles dont l’origine est directement liée à leurs conditions de vie et la sous alimentation, le père étant chômeur et ne percevant que 3000DA du filet social. Ne sont épargnés jusqu’à présent que les 03 enfants âgés de 08, 12 et 17 ans. Mais cela durera-t-il encore longtemps ? La vie dans une cave insalubre ne pourra que les affecter tôt ou tard. Cette famille a déposé un dossier de demande de logement depuis 2006 mais en vain.
Le P/APC qu’on a essayé de joindre à maintes reprises pour en connaître la raison est resté injoignable.
En quittant les lieux, une foule nombreuse, composée en majorité de notables de ce village et de personnes âgées, nous font part de leur vive inquiétude de voir cette famille enterrée vivante sous les décombres de cette cave menaçant ruine. D’autres citoyens font circuler depuis une semaine une pétition qui a déjà récolté une centaine de signatures pour exiger des autorités locales que cette famille soit recasée dans le quota des 40 logements de type RHP.
Liste provisoire des bénéficiaires de cette localité qui vient d’être affichée et sur laquelle ne figure pas cette famille.
« Nous enverrons cette pétitions aux ONG et nous ne resterons pas les bras croisés devant un tel drame… C’est une mise en garde à prendre au sérieux », s’indigne un riverain. Notons enfin que le chef de famille a introduit un recours au niveau de la wilaya.
O. S.
