Ain Bessam Les exclus de la liste des bénéficiaires des 150 logements protestent – Daïra, mairie et la RN18 fermées

Un vaste mouvement de contestation s’est déclenché dimanche dernier, dans la localité d’Aïn Bessam, à une vingtaine de kilomètres de l’Ouest de Bouira, suite à l’affichage de la liste des 150 bénéficiaires de logements sociaux. Dès les premières heures de la matinée, les contestataires ont procédé à la fermeture des sièges de la daïra et de la mairie ainsi que la R. N18. Aux alentours du siège de la daïra, une agitation populaire régnait dés les premières heures de la matinée. Les mécontents avaient du mal à se retenir : insultes, cris de colère… Des dizaines de protestataires, des jeunes pour la plupart, furieux de ne pas voir leurs noms parmi les bénéficiaires, s’en sont pris aux forces de l’ordre et ont essayé de forcer l’entrée des locaux de la daïra. L’on déplore deux blessés, dans les rangs des contestataires, dont un a été transféré à l’hôpital de la ville. Les protestataires contestent les procédures administratives et techniques qui ont conduit à la confection de la liste d’attribution des logements sociaux : « j’ai déposé mon dossier de demande de logement au mois d’avril 1994, et voila qu’on me prive encore une fois de mon droit le plus légitime », déclare Mohamed 54 ans, père de quatre enfants, qui loue depuis cinq ans, une chambre chez ses beaux-parents. Un autre citoyen conteste la présence dans la fameuse liste, les noms des bénéficiaires, qui ont déjà selon ses propres dires, profités de logements sociaux, avant de les revendre. Quant à Hamid père de deux enfants, il n’arrive pas à comprendre l’attitude du chef de la daïra, qui l’a privé d’un logement, alors qu’il lui a promis, à plusieurs reprises, de régler son problème, d’autant plus qu’il dit occuper une bâtisse vétuste et menaçant ruine : « j’habite depuis une dizaine d’années avec ma famille, dans une maison qui risque de s’écrouler sur nos têtes à n’importe quel moment, tout le monde est au courant de mon calvaire, notamment durant l’hiver, où à chaque fois, les éléments de la protection civile, interviennent pour nous évacuer de notre maison », a déclaré Hamid. Un autre riverain accuse les responsables en charge du dossier, “ d’agir à base tribale et régionale», « des étrangers venu de tous bords, ont bénéficié facilement d’un logement. Les responsables ont complètement laminé les citoyens natifs de la ville, pour servir leurs proches et leurs amis », a ajouté notre interlocuteur. Les protestataires demandent aux responsables concernés « l’annulation pure et simple, de la liste des bénéficiaires et de procéder à sa révision au cas par cas. » A défaut, ils menacent de radicaliser leur mouvement.

Oussama K.