Le MSP dans le bastion anti-intégriste

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Ce parti islamiste, membre de l’Alliance présidentielle, a présenté quatre listes de candidatures communales et une à l’APW de Tizi-ouzou.Les communes où est signalée la présence de listes de candidatures du HMS sont Drâa Ben Khedda, Sidi Naâmane, Azazga et Aïn El Hammam. La liste APW sera conduite par M. Kheloui Tahar.Difficile de croire à une percée islamiste en Kabylie. L’hostilité des électeurs aux courants politiques religieux est une évidence qui s’est installée depuis le pluralisme politique décrété en 1990. Même si le parti dissous de Abassi Madani avait réussi à imposer quelques candidatures à l’occasion des premières municipales pluralistes du pays et rafler l’exécutif de la commune de Draâ El Mizan et avec une menace pesante sur celle de Tizi Ouzou, la débâcle des islamistes en Kabylie ne s’est pas faite attendre. La montée de la violence terroriste encouragée par les courants islamistes et le développement de discours rétrogrades ont précipité la dégringolade et le rejet de ce genre de parti dans la région. Combien même ce rejet quasi systématique des islamistes a généré des discours et déclarations de haine envers la région traitée de tout sauf de terre où se pratique la religion musulmane !Le HMS qui croit véhiculer un projet de société «moderniste», contrairement aux autres tendances islamistes, est loin de convaincre par son double jeu d’opposant et de membre du gouvernement. D’ailleurs, c’est sur cette double base qu’il compte mener campagne en prévision du scrutin partiel du 24 novembre, là où ses listes de candidatures sont présentes en Kabylie. Mais le HMS reste, semble-t-il, le moins placé sur la scène de l’opposition pour qu’il espère soudoyer l’électorat kabyle hostile et réfractaire aux discours islamistes. La participation du parti de Soltani aux deux derniers scrutins municipaux a donné lieu à des lectures pas très précises sur le nombre de militants et sympathisants dans la région. Car aussi paradoxal que cela puisse paraître, au moment où il perd l’électorat il obtient un siège de plus. Cela peut-être, par ailleurs traduit par le faible taux de participation aux élections de 2002. Ainsi, la participation de ce parti aux élections locales en 1997, alors sous les commandes de feu Mahfoud Nahnah et sous l’appellation de MSP, lui a permis de récolter 842 voix sur les 294 698 votants. Soit un taux de 0,29%, ce qui lui a valu un siège au sein de la municipalité de Draâ Ben Khedda. La seconde expérience de l’ex Hamas à Tizi-ouzou, sous le nouveau sigle, a été à l’occasion des municipales de 2002 où il a pu améliorer le nombre de sièges pour atteindre deux dans la même mairie. Avec un taux de 2,49% de voix sur les 32 309 votants, le parti a reculé de 67 voix pour ne recueillir que 775 bulletins en sa faveur. Lors de ces élections partielles, la formation de Soltani sera mise à rude épreuve y compris dans les localités où son électorat traditionnel est présent en raison de la forte présence des listes indépendantes qui peuvent constituer le vote refuge de certains électeurs du MSP. Ces derniers, connus pourtant pour leur discipline et dévouement militant, se font de plus en plus rares dans les manifestations publiques. Ce qui ne sera pas sans compliquer l’amorce de contacts avec la population kabyle durant cette campagne électorale.

M.A.T.

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