Les agitateurs de tous bords semblent, du moins pour une grande partie d’entre eux, mus par une lecture intéressée et tendancieuse de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale sur laquelle le peuple algérien s’est prononcée le 29 septembre passé.Ce texte ferme, rappelons-le, la porte à tous les manipulateurs des repères identitaires de la nation qui seraient tentés d’en faire un usage politique par un travail de surenchère ou de chantage.Le reflux des arabo-baâthistes pendant ces dernières années serait une simple tactique dictée par une conjoncture nationale et internationale qui ne leur était pas favorable.La prise de conscience de la communauté internationale qui ne leur était pas favorable. La prise de conscience de la communauté internationale du danger terroriste, l’ouverture de l’Agérie sur la culture et l’économie mondiales et le début des réformes dans le secteur éducatif n’agréent visiblement pas aux porteurs d’idées figées et étriquées qui se recrutent dans les franges les plus conservatrices et les plus rentières d’une classe qui s’est autoproclamée “intellectuelle” et qui se veut le tuteur indétrônablé du peuple. Ceux qui viennent de lancer-via le journal du FLN “Sawt El Ahrar” d’avant-hier, un appel solennel au Président de la République pour, entre autres, “faire appliquer toutes les lois relatives à l’arabisation, interdire l’usage de la langue étrangère dans les médias audiovisuels, instituer une instance de contrôle et d’inspection qui veillera à la bonne application des lois, identifier et combattre le parti de l’étranger, qui travaille depuis l’indépendance à détruire les valeurs historiques et civilisationnelles de la nation (particulièrement la langue et l’unité nationale) par les moyens même de l’Etat, contraindre les centres culturels étrangers à respecter les lois de l’Etat algérien” sont sans doute plus à plaindre qu’à être blâmés tant ils baignent dans un onirisme qui a pour substrat la sève délétère du parti unique. Rien que par la terminologie employée, le lecteur est appelé à replonger dans l’ère de la “glaciation”. La lecture des noms qui ont émargé au bas de l’appel ne laisse pas non plus de faire remonter en surface cette nation de l’“intellectuel organique” au sens du FLN. Le premier des signataires était tout simplement un ancien commissaire du parti, ce qui nous fait faire l’économie de larges investigations sur l’histoire personnelle de chacun des mandants.Dans une Algérie où des individus se proclament écrivains, intellectuels et même penseurs sans crainte d’être dérangés ou confondus par de véritables valeurs sûres exerçant dans ces domaines, l’effort à déployer pour rattraper nos retards sur le plan de l’éducation et de la culture sont tout simplement titanesques. Que l’on continue à croire en 2005 – avec tout le sérieux affiché par les auteurs de l’appel- que la culture algérienne et l’identité nationale devraient être protégées par des oukases ou des édits, et cela dans un esprit d’exclusion de toute diversité, qu’elle soit nationale ou universelle, et cela dans un esprit d’exclusion de toute diversité, qu’elle soit nationale ou universelle, voilà un syndrome d’une impasse historique ou d’une aporie indépassable.Rappelons à ceux, qui l’auraient oublié que, depuis que le FLN n’est plus un parti unique, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et, malheureusement, beaucoup de sang a coulé par la faute d’une idéologie d’exclusion et de tyrannie.L’Agérie renoue avec son environnement international, s’ouvre sur les cultures des autres peuples tout en s’inscrivant dans l’authenticité nationale et se prépare à vivre la mondialisation -au lieu de la subir par la modernisation de son économie, laquelle ne peut se faire par l’esprit de chapelle, d’ostracisme et de repli sur soi.
Amar Naït Messaoud
