Comme à son habitude, la revue Santé+ s’intéresse toujours à l’actualité médicale et comme ces jours-ci l’attention mondiale est retenue par une pandémie terrible qui peut prendre des dimensions alarmantes si elle continue à s’étendre pour atteindre d’autres régions du globe, la grippe aviaire a été largement explicitée par le docteur K.Salaheddine. Ce dernier fera dans le n° 28 de ce mensuel d’information médicale le point sur cette question et présentera les différents aspects de la grippe aviaire. Il éclairera l’opinion publique sur tout ce qui a trait à cette maladie et s’étalera sur le scénario catastrophe imaginé par l’organisation mondiale de la santé (OMS). Il fera un peu d’histoire en remontant aux origines de cette épidémie qui a été identifiée pour la première fois en Italie, il y a plus de 100 ans. Un virus qui a refait son apparition, depuis peu en Asie et a touché déjà des dizaines de pays. Sur le plan médical, il affirmera que cette infection peut toucher presque toutes les espèces d’oiseaux sauvages ou domestiques et peut éventuellement contaminer d’autres espèces animale comme le porc et d’autres mammifères et que, ce qui le plus peur, lorsque la souche est hautement pathogène, peut se transmettre exceptionnellement à l’homme. Le Dr Salaheddine citera en exemple les cas du virus H5N1 observé à Hong Kong en 1997 et en 2003 et aux pays Bas durant la même année.
Comment s’effectue la transmission ?Le Dr Salaheddine avancera que les contacts fréquents et intensifs avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d’animaux infectés sont à l’origine de la mutation de cette pathologie à l’homme. Quant aux symptômes que présentent généralement les patients, ils sont pareils à ceux d’une grippe classique, conjonctivites, fièvre, gorge irritée et toux. Pour les cas mortels, les malades souffrent de troubles respiratoires sévères dus à l’infection pulmonaire virale. Le taux de mortalité lié à l’infection, reste selon le Dr Salaheddine, inconnu car soutiendra-t-il, le nombre exact de personne contaminées reste ignoré.
Le scénario catastrophe imaginé par l’OMSLa hantise de la possibilité que le virus de la grippe aviaire puisse se combiner avec celui de la grippe humaine pour donner un nouveau sous-type de virus capable de se transmettre facilement d’une personne à l’autre a été exprimée par l’OMS qui a déjà tiré la sonnette d’alarme le 24 janvier 2004. Une perspective d’autant plus plausible que la propagation de cette infection chez les oiseaux augmente la possibilité d’infection directe de l’homme et donc la probabilité que des personnes infectées simultanément par des souches humaines et aviaires, servent de » creuset » pour ce virus qui pourrait alors se répandre comme une traînée de poudre. La psychose de l’épidémie de SRAS qui avait tué en 2003 prés de 800 personnes est encore dans toutes les mémoires. La rescousse viendra selon l’OMS de la possibilité de combattre cette maladie avant qu’elle ne prenne des proportions mondiales. Une entreprise difficile et coûteuse qui ne pourrait se réaliser sans la coopération de tous les pays du monde qui devraient mettre en commun les ressources nécessaires et une transparence réelle des pays touchés à travers l’abattage systématique des volailles contaminées.
Quelle stratégie pour lutter contre cette épidémiePlusieurs mesures peuvent être prises pour diminuer le plus possible les risques que feraient courir à la santé publique mondiale de grandes flambées de grippe aviaire H5N1 hautement pathogène chez les oiseaux. La priorité immédiate consiste à stopper toute propagation dans les populations de volailles. Cette stratégie contribue à restreindre les possibilités d’exposition de l’homme au virus. L’administration de vaccins efficaces contre les souches humaines en circulation à ce moment-là aux personnes fortement exposées au risque d’être en contact avec des volailles infectées peut réduire la probabilité de co-infection chez l’homme par des souches aviaires et humaines et donc le risque d’échanges de gènes. Il faut aussi protéger de l’infection ceux qui travaillent à l’abattage des poulets en les équipant des habits et du matériel adéquats. Ils devraient également recevoir des antiviraux à titre prophylactique. Lorsque des cas de grippe aviaire se produisent chez l’homme, il faut d’urgence obtenir des informations sur l’étendue de l’infection chez l’animal et chez l’homme et sur les virus en circulation pour pouvoir évaluer les risques pour la santé publique et décider des meilleures mesures à instaurer. Si toutes ces activités peuvent faire diminuer la probabilité qu’émerge une souche responsable d’une pandémie, on ne peut savoir avec certitude s’il est possible de l’éviter.
Quels sont les traitements disponibles ?Jusqu’à ce jour, aucun cas de transmission d’homme à homme n’a été enregistré, un point positif qui semble minimiser la menace de la grippe aviaire qui s’ajoute au fait que contrairement au SRAS, une pathologie inconnue, il existe déjà des tests de diagnostic fiables et une grande expérience dans la mise au point et la production de vaccins anti-grippaux. Malgré cela, le Dr Salaheddine fera savoir que l’OMS estime qu’il faudra au moins quatre mois pour produire en grande quantité un vaccin efficace contre un nouveau sous-type grippal. Il ajoutera qu’enfin, un anti-viral, l’Oseltamivir 75 mg (Tamiflu) pourrait se révéler efficace dans le traitement de cette épidémie de la grippe aviaire, en attendant de trouver le meilleur traitement préventif ou curatif.
H.Hayet
