La bâtisse est une ancienne école de l’ère coloniale, réalisée vers 1905 et située sur les hauteurs de la ville de M’Chedallah au lieudit Vadhis. De loin, cette structure ressemble à d’authentiques ruines romaines, avec des murs d’enceinte parsemés de brèches, de colonnes en pierres dénudées et recouvertes de mousses, prolongées par un escalier d’accès en pierres bleues complètement délabré. Pour tout visiteur qui a l’intention de pénétrer à l’intérieur, il faudrait d’abord qu’il s’arme d’une bonne dose de courage et accepte de recevoir, à tout moment, un pan de mur ou un morceau de plafond sur sa tête. Pourtant, une famille nombreuse occupe les lieux et s’attend à tout moment à être enterrée vivante sous les décombres de la bâtisse qui tombe en ruines. Les 13 membres de cette malheureuse famille, qui compte 05 enfants en bas âge, se partagent 02 chambres exiguës qui ressemblent… à des tombes dans lesquelles ils finiront par être enterrés dans le cas où ils ne sont pas évacués immédiatement. D’ailleurs, une partie d’une façade, un mur porteur, s’est déjà effondrée et la toiture qui la surplombe dangereusement s’est inclinée. Le moindre coup de vent jetterait par terre ce qui reste de cette bâtisse, cela en plus de l’insalubrité totale et la, non moins dangereuse, installation intérieure d’électricité sur laquelle sont visibles, en plusieurs endroits, des traces de courts circuits. Des courts circuits provoqués par les ruissellements des infiltrations innombrables des eaux de pluie à partir du plafond, nous apprends la mère de famille. Cette dernière exhibe un procès verbal de constatation, daté du 28/10/2012 et conjointement signé par les services de l’urbanisme de l’APC et la protection civile, dont les mentions cochées dans ce document confirment ce qu’on a constaté de visu : « lieux en décombres, état déplorable, risques d’effondrement et nécessité de recasement », entre autres constatations. Notre interlocutrice nous apprendra que, depuis le passage de cette commission, aucune autre autorité ne s’est manifestée pour s’enquérir de la situation, encore moins les informer de la suite qu’ils envisagent de donner à leur situation alarmante. La confirmation par la commission du danger qu’encourt cette famille si elle continue à occuper ce vieux bâti, n’a fait qu’augmenter leur terreur. Le chef de famille, la soixantaine, terrassé par une maladie chronique (tuberculose) invalide à 100% et chômeur de son état, ne peut être d’aucun secours à ses enfants, tout comme sa malheureuse épouse, qui exerce comme femme de ménage à l’EPH de M’Chedallah. Elle a été recrutée dans le cadre de la formule du contrat, à raison de 10.200 DA par mois, soit à peine de quoi nourrir sa progéniture. Le père, quand à lui, affiche une inquiétante déprime qui risque de lui être fatale, vu ses conditions physique des plus fragiles. La situation des plus précaires de cette famille est un cas sur lequel doivent se pencher les pouvoirs publics avant que ne survienne un drame irréparable.
Oulaid Soualah
