L’affichage anarchique enlaidit la ville

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La ville de Tizi-Ouzou ne cesse de connaître une dégradation de son aspect esthétique à cause d’un laisser-aller qui, d’ailleurs, ne date pas d’hier.

Une promenade dans différents quartiers nous a permis de constater que beaucoup reste à faire pour améliorer le cadre de vie et l’environnement dans cette ville jadis surnommée « la petite suisse ». Et comme si son état actuel n’était pas suffisant, entre ordures et délabrements, un autre phénomène vient enlaidir davantage la ville des Genets.

«Des affiches partout, sauf là où il faut !»

En effet, à seulement quelques jours de la fin de la campagne électorale pour les élections locales du 29 novembre en cours, les affiches électorales continuent à être collées anarchiquement par les militants de certains partis politiques, tandis que les tableaux d’affichage sont presque vides. C’est ce que nous avons constaté après une longue balade dans les différents quartiers de la ville de Tizi-Ouzou, notamment à la nouvelle-ville. Des partis politiques, à l’image du Parti des Travailleurs (PT), du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), du Rassemblement National Démocratique (RND), du Front des Forces Socialistes (FFS), du Front de Libération Nationale (FLN) et autres, ont collés leurs affiches électorales sauvagement, un peu partout à travers la ville des Genêts. « L’affichage sauvage, pratiqué ces derniers jours par certains partis et leurs candidats au niveau de la ville de Tizi-Ouzou est exagéré. Franchement, ils ont collés leurs affiches partout, ce qui a encore plus amoché la ville et ses quartiers », dira Amine, un jeune citoyen du lotissement Bouaziz. Il ajoutera également que « de plus, c’est toujours les mêmes visages qui reviennent et les mêmes discours qui résonnent ! Ils se battent pour le changement, alors pourquoi ne donnent-ils pas la chance aux jeunes ? Pourtant nous avons des jeunes hommes et femmes intellectuels et qui s y connaissent en politique ».

Plusieurs dizaines, pour ne pas dire des centaines, d’affiches sont collées sur des arbres, des poteaux électriques, des panneaux de signalisation ainsi que sur des propriétés privées et des axes routiers du chef-lieu. Même les cages d’escaliers des immeubles, les vitrines des magasins et les entrées des banques et différents autres structures publiques et privées, ont été pris comme support par ces colleurs d’affiches. Ceci dit, malgré les pluies diluviennes de ces derniers jours, les affiches ne se sont point décollées, un paradoxe ! Est-ce que la colle utilisée est aussi forte ? « Un parti politique a investi, à lui seul, la moitié de la place du 17 octobre, sise au centre ville ! À ne rien comprendre, je me demande où sont passé les autorités locale ? Pourtant, la CWISEL avait interdit cela, mais à ce que je vois, ces partis n’en font qu’à leurs têtes », diront Kader et Farid, deux commerçants. C’est désolant car ce ne sont pas les endroits pour placarder les affiches qui manquent, d’ailleurs, les sites réservés à cela, en cette troisième semaine de campagne électorale, n’attirent toujours pas les foules. Les citoyens se demandent si c’est la rivalité qui pousse les candidats à procéder comme cela où est-ce un excès de zèle des militants qui ont, parfois, tendance à vouloir trop en faire ?

Qui doit mettre le holà  ?

Selon quelques personnes questionnées sur le sujet, pour préserver ce qui reste de l’aspect esthétique de la ville, la situation devrait changer, en commençant par arracher ces affiches enlaidissantes, puis donner un éclat et un air de renouveau à la ville en badigeonnant les murs et les façades des immeubles, ainsi que les établissements qui se trouvent au centre-ville, qui est considéré comme la vitrine de la Kabylie. Les citoyens de la ville interpellent les autorités locales afin de prendre des mesures contre ces personnes qui nuisent à la ville et à ses habitants avec leur affichage anarchique. « L’affichage anarchique devrait faire l’objet de sanctions. Les candidats qui veulent nous représenter au parlement, à l’APC ou à l’APW devraient donner le bon exemple en évitant de coller leurs affiches partout et n’importe comment », dira Dda Achour, un citoyen de la ville des Genêts. « C’est malheureux, car tout ce qui importe à ces gens, c’est d’être présent sur n’importe quel support », conclura-t-il. Parfois, les citoyens vont jusqu’à arracher ces affiches eux-mêmes. Le lendemain, au réveil, le constat est le même, ils retrouvent d’autres affiches à la place des celles arrachées, alors ils se demandent que faire dans ce cas ?

Samira Bouabdellah

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