Le HMS de Aboudjerra Soltani n’a pas réussi son pari de mobiliser les foules contre les caricatures parues dans les journaux danois sur le Prophète. A peine quelques centaines de personnes, des jeunes pour la plupart, se sont rendus à la salle Harcha d’Alger pour exprimer leur colère. Encadrée par un dispositif de sécurité impressionnant, cette manifestation s’est déroulée dans l’indifférence totale des Algérois. Même ceux qui habitent à proximité de la salle des sports ont vaqué normalement à leurs occupations et n’ont pas jugé utile de rejoindre « les protestataires « . Le « mur de séparation » qui séparait les hommes des femmes a donné l’impression d’être dans une salle de prière. Le tout était orné des slogans familiers aux islamistes radicaux. « Ne vous en faites, ô juifs, l’armée de Mohamed reviendra », ou encore « Non au silence, pour Mohamed nous mourrons », sont entre autres les slogans qui fusaient dans la salle, répétés en chœur, avant l’entrée en scène des politiques : Aboudjerra Soltani, Abdelaziz Belkhadem et Abderrehmane Chibane, le président de l’association des oulémas musulmans algériens, pour ne citer que ceux-là, ont enflammé la foule, restée souvent indifférente aux discours, par des prêches dénonçant l’Occident. « S’ils croient pouvoir séparer le prophète de ses croyants, ils n’y parviendront pas », a dit Belkhadem avant de s’interroger, en s’adressant aux Occidentaux : « Qu’est ce que vous avez fait de la liberté de la presse et du culte que vous avez crée? ». Le MSP de Soltani, qui a parlé en dernier, a qualifié ces caricatures d’ »islamophobie » et demande des « excuses officielles » aux responsables des médias qui ont publié ces dessins. Mais il faut dire que cette protestation était une occasion aux partisans de « la dawla islamia » de tenter de faire entendre leurs voix, puisque des dizaines de personnes ont reproduit les slogans de l’ex-FIS durant la matinée d’hier. Venant de Bachdjerrah, à l’est de la capitale, des jeunes barbus, marchant à pas cadencés, répétaient « Alayha nahia, wa alayha namout », la phrase chère à Ali Belhadj et Abassi Madani. C’est la deuxième fois que les Algériens ont tenté de protester, à l’instar des autres pays musulmans, dans la rue contre la publication des caricatures citant le prophète Mohamed dans les journaux danois et européens. Vendredi dernier, la police avait empêché un rassemblement sur la place de la Concorde, au cœur d’Alger.
Ali Boukhlef
