Le Rassemblement National Démocratique (RND) est pour l’application de la peine de mort en Algérie, c’est ce qu’a déclaré hier, son secrétaire général, Ahmed Ouyahia, à l’occasion d’un meeting animé au niveau de la Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou.
La peine de mort, pour rappel, comme l’a d’ailleurs signalé le N°1 du RND, n’est plus appliquée en Algérie depuis 1993. Ahmed Ouyahia plaide pour sa restauration pour punir trois catégories de malfrats. Il s’agit, pour lui, de ceux coupables de prises d’otages, de détournement de deniers publics et de trafic de drogue. Il a voulu, comme exemple pour illustrer l’importance de cette peine, le kidnapping du fils d’un directeur de banque, durant les années 1970, dont les auteurs ont été exécutés. « Depuis, il n’y a plus de kidnapping jusqu’à l’avènement du terrorisme », a-t-il expliqué. Il est vrai, en effet, que la Kabylie vit au rythme du phénomène des kidnappings depuis quelques années.
Les présents à ce meeting, qui ont, il faut le dire, envahi la grande salle de la Maison de la culture qui s’est avéré exigüe pour la circonstance, ont eu droit à un «cours d’histoire», à travers lequel Ouyahia est revenu sur les différentes étapes de la lutte de la nation pour les libertés, rendant hommage à tous ceux qui sont tombés au cours de cette lutte, notamment «les martyrs du printemps noir ». Pour Ahmed Ouyahia, l’Algérie a connu deux printemps, le cessez-le-feu en 1962 et les événements du 20 avril 1980. Abordant, par ailleurs, les prochaines élections locales, l’orateur a passé en revue le rôle « prépondérant » des assemblées populaire communales et de wilaya. Des assemblées qu’il compare à «thadjemaât », dans le mode de gestion de la communauté en Kabylie. Il Ouyahia s’est aussi étalé sur le mot d’ordre donné aux candidats du parti de faire dans la transparence et la solidarité s’ils venaient à être élus le 29 novembre prochain. Le SG du RND, qui se réclame partie prenante du pouvoir, s’est félicité des avancées « considérables » qu’a connues le pays au cours des 50 années d’indépendance, en matière de développement. Il s’est enorgueilli d’ailleurs du fait que l’Algérie n’ait plus de dette et, plus encore, qu’elle « prête au FMI ». Ahmed Ouyahia indique, toutefois, que cette embellie s’est faite grâce au prix du pétrole qui a connu une flambée. Il avertit, dans ce sillage, que cette richesse est appelée à disparaitre et, de ce fait, on doit penser à autre chose pour éviter toute mauvaise surprise et ne pas connaitre les mêmes épisodes durant lesquels l’Algérie souffrait le martyr, référence faite aux années 1980 et 1990.
M. O. B.

